France: de la difficulté de voyager en train avec son vélo

France: de la difficulté de voyager en train avec son vélo

En France, de moins en moins de possibilités de voyager en train avec son vélo

Le vélo, vous le savez, peut couvrir de très grandes distances. Des distances bien plus importantes que la marche à pied. Mais tout cela reste dans une certaine mesure. Il est évident que passer plusieurs dizaines de kilomètres, il devient beaucoup plus difficile d'utiliser sa bicyclette (à moins d'avoir un peu de temps devant soi, mais ici on parle mobilité vélo).

Si l'on veut continuer de l'utiliser, il faut alors employer d'autres moyens pour couvrir la plus grande distance tout en emportant son vélo, et, ainsi, terminer le reste sur la selle. On nomme cela la multimodalité (ou intermodalité).

Tout cela est déjà possible. La multimodalité est multiforme. Vous pouvez mettre votre vélo dans un coffre de voiture, dans un camion, dans un bateau, un avion et même dans un bus, un métro, un tram ou bien encore, un train.

Réduction des places vélo

Tout irait bien dans le meilleur des mondes, malheureusement, il semble que la SNCF ne l'entende pas tout à fait de la même manière. Alors même que le nombre d'usagers utilisant son vélo dans le train affiche une croissance exponentielle, l'opérateur ferroviaire décide quant à lui de réduire drastiquement la voilure concernant la possibilité de voyager avec son deux-roues.

"Il y a de moins en moins de destinations accessibles avec un vélo non démonté. Le nombre de places vélos dans les TGV se réduit fortement, depuis ces derniers mois." dénonce l'association CycloTransEurope dans un communiqué de presse.

Cette association, fondée en 1996, promeut le tourisme à vélo, et notamment l'itinéraire de la Scandibérique (EuroVélo 3), une véloroute reliant Saint-Jacques de Compostelle à Trondheim, et qui traverse donc la France, de la frontière belge (Maubeuge) jusqu'à la frontière espagnole (Hendaye).

Les régions du Grand-Est sont particulièrement touchées par cette diminution. Une pétition est même parue pour demander au président de la SNCF, Guillaume Pépy, de revenir sur la décision de supprimer les places vélos dans les TGV Est.

"Metz‐Paris avec un vélo non démonté, c'est désormais 4 changements via Thionville, Sedan, Reims et Epernay et une journée entière, contre 1h30 en TGV : cela s'appelle le progrès !" interpelle l'auteur de la pétition. Ces suppressions sont déjà actées dans les TGV Lyria qui mène vers la Suisse ainsi que sur les ICE vers l'Allemagne.

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Mais il y a tout de même encore de bonnes nouvelles pour le cocktail train + vélo. Une nouvelle ligne Namur-Paris devrait rouvrir prochainement, comportant des places vélo. La région des Pays de la Loire vient, quant à elle, de faire l'acquisition de 13 nouveaux Regio2N V200, un matériel régional automoteur à deux niveaux. Son option Jumbo Vélo lui permet, sur la période estivale, de passer de 9 à 50 places vélos, en modulant l'offre de places assises.

Un travail européen

D'après CycloTransEurope, "le Parlement européen travaille sur le « règlement des droits et devoirs des voyageurs ferroviaires » qui comprend un article autorisant les vélos dans les trains mais sans obligation pour les exploitants.

La Commission européenne a proposé un amendement plus positif que les dispositions actuelles mais encore insuffisant. La Fédération européenne des cyclistes défend un amendement garantissant des places pour les vélos dans tous les trains en Europe."

Voici l’amendement proposé par les organisations de promotion du vélo :

⚈ Les voyageurs sont autorisés à prendre leur bicyclette non démontée dans le train moyennant un paiement raisonnable éventuellement.
⚈ Tout matériel roulant ferroviaire neuf ou remis à neuf doit comporter un espace réservé au transport de bicyclettes non démontées.
⚈ Le nombre de places à vélo doit correspondre à au moins 1,5 % de la capacité totale du transport de passagers, avec un minimum de 4 places par train.
⚈ Les entreprises ferroviaires, les vendeurs de billets, les voyagistes et, le cas échéant, les gestionnaires des gares devraient informer les voyageurs des conditions de transport de bicyclettes pour tous les services conformément au règlement (UE) n° 454/2011.

Future loi Mobilités

Suite aux Assises de la mobilité et la remise du rapport Duron sur les orientations de la future loi Mobilités, il parait curieux de ne pas vouloir favoriser cette multimodalité. L'accès aux territoires et aux grands pôles urbains reste pourtant un enjeu économique majeur, permettant le développement d'une mobilité durable, tant pour le transport du quotidien que pour le développement du tourisme à vélo.

Rappelons en effet que la France vient d'être primée "meilleure destination vélo 2018" lors du dernier ITB, le salon du tourisme international à Berlin. Il serait dommage de ne pas profiter d'une telle opportunité.

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