Le vélo urbain, cet accélérateur de lien social

Le vélo urbain, cet accélérateur de lien social

"À vélo, c'est assez facile de s'arrêter pour discuter sans provoquer un embouteillage"

Plantons le décor : je suis parisien, je vis à Paris (depuis pfiou… 20 ans maintenant) et depuis 5 mois, je travaille aussi à Paris. Je sais, c'est moche, et beaucoup d'entre vous avez envie de me plaindre. (Au lieu de me plaindre, vous pouvez toujours m'envoyer des chocolats, une gapette, une chambre à air, ou tout ce qui vous passe par la tête, tant que vous vous dites « tiens, moi j'aimerais bien recevoir ceci ». Pour les détails de livraison contactez la rédaction qui fera suivre).

Le propos n'est pas là - Je vais vous confier un secret, rouler à vélo dans Paris, c'est incroyablement bien, incroyablement agréable. Inversement proportionnellement bien - comparé à tenter de circuler en voiture dans cette ville. Prenez une voiture et tentez d'aller du point A au point B, c'est insupportable, je dirais même:

C'est  vraiment I N S U P P O R T A B L E.

Ce n'est pas nouveau, c'est le cas depuis plusieurs décennies. Joe Dassin pourrait en attester (R.I.P. Joe). A son époque, les vélos allaient déjà plus vite que les taxis.

Bref, Essayez les deux, vous verrez.

Paris, beaucoup disent que c'est vraiment très grand, très beau mais très grand. Très bondé aussi. Il se dit aussi qu'il y a tellement de monde que cela en devient impersonnel. Ce n'est pas faux. Mais ce n'est qu'une question de point de vue.

Autant dans les autres grandes agglomérations de France (je sais pour y avoir traîné mes guêtres) il n'est pas rare de croiser un ami, une connaissance, un(e) ex même aussi. Autant dans Paris il faut être un sacré poissard pour croiser celui ou celle que vous n'avez aucunement envie de voir pile à ce moment-là.

A contrario, être un sacré veinard pour croiser celui ou celle que vous avez croisé la veille et dont vous avez perdu le numéro de téléphone. C'est là que je viens à mon deuxième effet Kiss Cool du vélotaf.

Depuis 5 mois que je passe le plus clair de mon temps dans Paris, très régulièrement à vélo, je croise des proches, des connaissances, des amis, des personnes que je n'ai pas vu depuis fort longtemps, des personnes que j'ai rencontré la veille.

"Parfois on se fait klaxonner par un automobiliste, qui, lui, n'a personne avec qui parler"

Il se peut qu'ils soient eux aussi à vélo, que nos routes se croisent simplement, dans ce cas c'est un joyeux « Hey, salut ! ». Il se peut aussi que nos routes convergent sur quelques mètres ou quelques minutes. Dans ce cas, on se cale au même rythme, on discute, on parle chiffons, spad et autres « tu roules ce week-end ? ».

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Parfois on se fait klaxonner par un automobiliste, (qui, lui, n'a personne avec qui parler et qui, il  ne l'avouera pas, commence à s'ennuyer ferme à écouter le même reportage pour la 4ème fois sur sa radio d'information en continu).

Donc ça arrive que nous, cyclistes bavards, nous fassions klaxonner. Parfois, mais pas souvent, parce qu'à vélo c'est bien connu, nous sommes toujours soucieux de la fluidité du trafic (si on s'en foutait, on roulerait en voiture, évidemment).

Est-ce que cela veut dire que la communauté de cyclistes urbains parisiens est si petite que rapidement on finit par connaître tout le monde ? Je ne crois pas. Pour preuve, je croise beaucoup de cyclistes que je ne connais pas. Je discute souvent avec d'autres cyclistes, de parfaits inconnus. C'est parfois amusant, toujours cordial.

Aussi, les copains que je croise, parfois ils ne sont pas à vélo ils sont dans ce cas bien souvent à pied. On s'arrête, on discute, on se « bon on s'appelle et on se fait une bouffe ok ? ». (Notez qu'à vélo, c'est assez facile de s'arrêter pour discuter sans provoquer un embouteillage monstre).

"En voiture, ils sont dans leur cocon, ils se renferment, s'enferment pour mieux ronchonner"

C'est rare, très rare même de taper la discute avec un copain croisé par hasard sur son scooter ou dans sa voiture. J'en connais pourtant des personnes, qui circulent dans Paris avec un véhicule motorisé. Mais en voiture, ils sont dans leur cocon, ils se renferment, s'enferment pour mieux ronchonner (et klaxonner aussi parfois, mais ça je vous l'ai déjà dit). Sur leur 2 roues motorisées, ils sont cachés et méconnaissables sous leurs casques, ils sont très pressés aussi. Pas le temps de bavasser, ni rêvasser.

D'ici à dire que pour rencontrer de nouveaux amis, il faut se mettre au vélo urbain, il n'y a qu'un pas que je ne franchirais pas. Tout ça pour dire en conclusion, que le vélo en ville est très certainement le meilleur moyen de locomotion disponible. Il permet de profiter et découvrir sa ville. Plus important le vélo urbain permet de tisser et entretenir du lien social. Et c'est important, le lien social, parait-il.

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