Déplacement à vélo : La bicyclette manque encore de crédibilité

Déplacement à vélo : La bicyclette manque encore de crédibilité

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Pour Sylvie Banoun, même si les accidents à vélo sont rares, ils sont surdimensionnés dans la perception de la population en France. Ce qui fait du vélo un moyen de transport dangereux, voir pour certains "inconscient".

Lire notre précédent article : Vélo : un raisonnement en silo dépassé.

Pourtant les chiffres sont clairs : la majorité des morts sur la route sont des conducteurs automobiles (52%) tandis que les cyclistes sont minoritaires (4%). En rapportant le nombre de morts aux kilomètres parcourus, le vélo reste plus sûr que la moto ou le scooter.

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En plus d'être vu comme dangereux, le vélo est encore perçu comme ringard par une majorité de français, selon Sylvie Banoun.

Elle prend l'exemple de Nantes qui est particulièrement bien dotée en termes d'aménagement cyclable. Mais le vélo n'a pas décollé tant que la mairie n'a pas ouvert un axe cyclable moderne et ergonomique qui a attiré les curieux et fini par mettre le vélo à la mode.

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Elle est aussi convaincue de l'importance des systèmes de vélo en libre-service (VLS) pour donner de la visibilité au vélo. Certes, le VLS n'est pas fait pour être rentable financièrement à court terme et il est facile de dire qu'il coûte trop cher.

Mais c'est un investissement rentable à long terme pour le bien publique (diminution de la pollution, hausse de la durée de vie) et la visibilité donnée au vélo (c'est plus efficace qu'une campagne de publicité qui peut aussi coûter très cher sans avoir de retombées facilement chiffrable).

Il faut ajouter que la plupart du temps, les dépenses engagées par la collectivité sont compensées par les contrats publicitaires avec les sociétés de gestion (JC Decaux ou ClearChannel en France).

Elle précise que les bienfaits de l'instauration du VLS ne sont pas visibles sur un mandat municipal, ce qui n'est pas avantageux pour les élus : ils n'auront que les effets négatifs liés au coût et au mécontentement, sans bénéficier des externalités positives qui s'observent à long termes.

"Le vélo est engagé dans une guerre de communication qui a été gagnée par l'automobile"

Sylvie Banoun ajoute qu'un des freins au développement du vélo en France est que les élus se déplacent en voiture. Ils ne comprennent pas les enjeux de la pratique du vélo. Pour eux la solution à la congestion est l'élargissement du réseau routier (comme la L2 à Marseille) alors que ça fait un appel d'air et engorge de nouveau les routes. La vraie solution selon elle, c'est le vélo, la marche ou les transports en commun.

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A fortiori, le vélo est engagé dans une guerre de communication qui a été gagnée par l'automobile, comme en témoignent les grandes campagnes de pub pour la voiture depuis les trente glorieuses. L'automobile est devenue un moyen de transport individuel synonyme de liberté, le vélo est soit ringard soit bobo.

L'exemple phare du choix de la voiture par les habitants et la puissance publique est le développement des lignes de métro : on a enterré à grand frais les transports en commun pour que la voiture puisse circuler plus rapidement (et gratuitement) en surface.

"La France a le moyen de devenir un grand pays cyclable"

Olivier Schneider regrette lui que le poste de coordinateur interministériel pour la marche et le vélo ne confère aucun pouvoir vis-à-vis des ministères. Il aurait préféré un poste de délégué interministériel, qui implique une prérogative d'impulsion dans la prise de décision.

Pour lui, la France a le moyen de devenir un grand pays cyclable en l'espace de 3 à 4 ans, en fonction de la volonté politique des élus. Des études montrent d'ailleurs que plus la communication et les aménagements cyclables augmentent vite et de manière coordonnée, plus il y a un effet levier important.

Pour en arriver là il suffirait d'attribuer au vélo ne serait-ce que 1% du budget qui est alloué à la voiture électrique par le ministère des transports. Il insiste sur le fait que le vélo à un potentiel économique important, vu les revenus qu'il peut générer, comparés au faible investissement publique nécessaire.

Il prend un exemple simple, si on fait un sondage pour demander à la population si c'est les croisières ou le tourisme à vélo qui génère le plus de chiffre d'affaire, elle va répondre que ce sont les croisières.

Or, le tourisme à vélo rapporte chaque année 44 milliards d'euros en Europe, contre 39 milliards pour les croisières. Il en va de même dans toute l'économie française, le vélo a un poids économique important qu'on a du mal à estimer.

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