Déplacement à vélo : les RH pourraient-elles être le principal obstacle?

Déplacement à vélo : les RH pourraient-elles être le principal obstacle?

Il se pourrait que les directeurs RH (Ressources Humaines) soient le principal obstacle au développement du vélo dans les entreprises, bien qu'aucune étude ne puisse le démontrer. Si une telle étude existait, elle révélerait certainement que de nombreux DRH ne savent pas comment aborder le sujet des déplacements domicile-travail à vélo et ne disposent pas des connaissances ou de la formation nécessaires. 

Priorité à la masse salariale ou au bien être au travail ?

Ce manque de compréhension crée des freins, notamment de la part de la direction qui manque d'informations pour prendre les bonnes décisions. À cela s'ajoute la réticence de certains employés à se rendre au travail à vélo en raison d'une culture de la voiture trop ancrée. Heureusement, lorsque les DRH reçoivent les informations et le soutien adéquats, ils peuvent jouer un rôle clef dans la création d'un plan vélo d’entreprise.


Les DRH subissent des injonctions paradoxales. On leur demande : 

  • de réduire les coûts tout en veillant à la qualité de vie au travail des salariés ;
  • d’augmenter le nombre de jours de formation tout en limitant le remplacement des salariés absents ;
  • d’être de super financiers mais également des experts en conduite du changement.

Et pour couronner le tout, certaines entreprises demandent à leur DRH de faire la promotion du déplacement vélo sans leur en donner les moyens.

Si encore beaucoup trop de services RH laissent le sujet du déplacement vélo de côté, c’est principalement parce que ce dossier n'atterrit jamais en haut de la pile des sujets “urgents” à traiter. Cette explication est en réalité largement démentie par les nombreux exemples d’entreprises françaises qui lancent leur propre plan vélo. On peut citer l’exemple récent de Doctolib, qui propose à ses salariés des vélos musculaires ou électriques pour leur déplacement.

Pour Arthur de Jerphanion, cofondateur de Tandem, entreprise française spécialisée en déploiement de flotte de vélos de fonction : “Les déconfinements successifs ont été les principaux déclencheurs au sein des entreprises. Les DRH ou les responsables RSE viennent nous voir car leurs salariés sont en demande et que l’urgence climatique les oblige à agir. Le vélotaf répond à ces deux enjeux”.

Le biais de l’autosolisme ?

Une ou un DRH qui vient au travail tous les jours avec sa voiture de fonction aura probablement plus de mal à se mettre à la place de ses collègues vélotafeurs ou venant au travail en transport en commun. Pourtant, il est statistiquement prouvé que pour la même distance, le vélo est bien plus rapide que la voiture en zone urbaine.

Sur le même sujet  Jean Fourche, un vélo urbain simple comme bonjour Made in Europe

Si tous les travailleurs ne vivent pas en ville, plus de 70% des trajets domicile-travail font moins de 5 km. Cette donnée est d’ailleurs publique et fournie par l’INSEE dans une étude publiée l’année dernière.

Pour aider son service RH à prendre en considération le déplacement à vélo, peut-être faudrait-il lui imposer un jour de vélotaf par semaine ? Après cette expérience “Vis ma vie de vélotafeur”, il est fort à parier que de nombreux DRH instaureraient le forfait mobilités durables, amélioreraient le stationnement à vélo et organiseraient des sessions d’entretien de vélo dans leurs locaux.

Le déplacement à vélo domicile-travail, une pratique à risque ?

Jusqu'à la crise sanitaire, les plans de prévention des risques en entreprise ne recommandaient pas le vélo comme mode de déplacement. Il était considéré comme dangereux, et même plus dangereux que la voiture. Désormais grâce aux nombreux aménagements cyclables mis en place dans les villes, le vélo retrouve toute sa place.

Si les accidents à vélo existent toujours, ils sont bien moins nombreux qu’en voiture ou à moto comme le démontrent les données mensuelles fournies par l’Observatoire national interministériel de la Sécurité routière (ONISR).

Par ailleurs, les bienfaits pour la santé d’un déplacement à vélo de 30 minutes quotidiennes surpassent très largement la balance bénéfice-risque. Le programme Employeur Pro-vélo a très largement documenté et sourcé ces bénéfices.

Les DRH “old school” vivent peut-être encore avec leurs croyances datées des années 2000. Il est temps de les ramener à la réalité. La France n’a jamais compté autant de vélotafeurs et de pistes cyclables. Les vélotafeurs sont reconnus pour être plus heureux, en meilleure santé et plus productifs. Ils devraient être considérés comme les salariés parfaits aux yeux de leurs DRH.

Mesdames, Messieurs, chargés des ressources humaines, réveillez-vous et mettez en place la solution vélo dans vos organisations. Il existe aujourd’hui des dizaines de ressources et professionnels pour vous aider. Vous ne le regretterez pas. Votre marque employeur progressera et le turn-over de vos salariés diminuera.

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