La Daily Obs, de l'utilité de filmer son trajet à vélo

La Daily Obs, de l’utilité de filmer son trajet à vélo

Une analyse fine du comment et du pourquoi de ces (longues) vidéos

Il est des moments ou le corps ne laisse pas d'autre choix que de se poser, et ou l'horizon se réduit à son salon. Dans ces moments là , on s'occupe comme on peut.

Pour avoir une petite dose de vélo, on se retrouve à regarder la dernière Daily Obs de Bilook, proposée par Youtube. Dans cette vidéo, le monsieur évoque d'autres vidéastes qui se sont mis à l'exercice. N'ayant pas grand-chose de mieux à faire, j'ai enchaîné avec d'autres, afin de voir ce que ça pouvait apporter.

Pour moi, c'était plutôt une découverte. J'y ai trouvé des éléments qui me paraissent intéressants, je vous livre une petite analyse… Mais auparavant, tentons une définition de la Daily Obs :

Daily Obs (n.f) : Anglicisme utilisé pour désigner des vidéos de trajets vélo quotidiens, commentées par leurs auteurs.

Pour être honnête, j'avais regardé les premières Daily Obs de Bilook, et ça ne m'avait pas trop intéressé. J'avais donc laissé ça de côté. Puis j'avais regardé occasionnellement, notant les progrès du monsieur sur l'exercice. L'intérêt était revenu, les dernières vidéos étant à mon sens de plus en plus intéressantes (mention spéciale à celle dans laquelle intervient Babylookette).

Depuis quelques mois, plusieurs autres se sont mis à filmer leurs trajets et à s'inspirer du travail fait par Bilook (Ndlr: le grand gourou de la Daily Obs) pour le prendre à leur compte. La qualité des images, du son ou du commentaire est variable, mais il me semble que cette « mode » de la Daily Obs présente plusieurs caractéristiques intéressantes.

Voici quelques unes des dernières Daily Obs que j'ai regardées, cette liste n'est absolument pas exhaustive : Bilook, Cycloquiche, CatGirlOnBike, En roues libres...

Des vidéos assez longues

C'est un point commun, ces vidéos sont longues, très loin des formats habituels condensés sur quelques minutes. On peut s'y ennuyer, à voir un vélo gravir une piste cyclable ou s'arrêter à un feu rouge. Mais on peut y voir aussi autre chose. On voit (partiellement) la façon dont l'environnement évolue autour du cycliste. Une sorte d'analyse vidéo de la ville, à hauteur de cycliste.

"Les images commentées à posteriori permettent à leur auteur de prendre du recul"

Finalement, le cadre fixe de la caméra, sur harnais la plupart du temps, permet presque une approche scientifique des images. De plus, les images sont commentées à posteriori, permettant à leur auteur de prendre du recul par rapport à ce qu'il a vécu sur son vélo.

Des conflits habituels avec les autres usagers de la route.

Je pense ne pas être très loin de la vérité si je dis que chaque vidéo contient des moments de stress. Ces petits désagréments quotidiens dans la cohabitation que vivent les cyclistes et les autres usagers de la route. Ici, on voit un bus qui serre en doublant à plusieurs reprises. Là le cycliste doit éviter des voitures en stationnement sur la piste ou encore des piétons qui s'engagent sans regarder.

Il n'est pas dans mon propos de rentrer dans le détail. Il s'agit d'événements malheureusement quotidiens pour beaucoup de cyclistes. Dans ces vidéos, ces éléments ne sont pas centraux, ils sont des événements du trajet, parmi d'autres.

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Une analyse des infrastructures.

En diffusant et commentant les images, les auteurs se retrouvent à évaluer les infrastructures qu'ils ont rencontrées. Évoquant la bonne - ou mauvaise - conception de la piste cyclable, la dangerosité d'une bande cyclable ou d'un rond point, les auteurs offrent des cas pratiques pour les élus et urbanistes. C'est de l'expérience qu'ils partagent, on peut en tirer des enseignements utiles pour nous autres.

Les fautes des cyclistes eux mêmes.

On ne va pas se mentir, toutes les infractions que l'on voit sur les vidéos ne sont pas commises par des automobilistes. Les auteurs eux même ou d'autres cyclistes captés par la caméra commettent aussi des infractions, aux feux, ou des sens interdits.

Le bien-fondé ou non de la chose n'est ici pas le propos. Il est au contraire intéressant que le sujet ne soit pas éludé. Cela prouve que les cyclistes, fussent ils vidéastes, ne sont pas forcément des anges, personne n'est parfait… Mais dans la masse des images, ces fautes semblent réellement mineures par rapport aux comportements dangereux des usagers de véhicules à moteur.

Un plaisir à partager

Ça semble une évidence, mais si les auteurs se livrent à cet exercice, c'est qu'ils aiment faire du vélo. On ne passe pas tant de temps pour quelque chose que l'on n'aime pas.

"Ils nous livrent leurs témoignages avec un regard critique et autocritique nécessaires"

Ils partagent leurs ennuis, leurs points noirs, mais on ressent aussi le plaisir qu'ils peuvent avoir sur leurs trajets, ou leur rapport au vélo. Dans certains cas, ils évoquent leurs débuts en vélotaf, illustration par l'exemple qu'il n'est pas nécessaire d'avoir toujours été cycliste pour se mettre au vélo urbain. Sur les réseaux sociaux, ils génèrent aussi de l'échange avec d'autres cyclistes.

Pour conclure, j'avoue avoir changé d'avis sur les Daily Obs. Initialement, je prenais ça pour un énoncé d'évidences qui ne durerait pas. Finalement, Bilook et comparses apportent des regards qui peuvent faire écho avec nos propres expériences.

"On pourrait les utiliser dans les auto-écoles"

Ils nous livrent leurs témoignages avec un regard critique et autocritique nécessaires pour en préserver l'intérêt. Comme souvent sur le net, il faut quand même faire attention à l'effet loupe, l'auditoire est souvent déjà convaincu par la parole entendue. Pourtant, ce genre de vidéos aurait des applications utiles. on pourrait par exemple les utiliser dans les auto-écoles, afin de sensibiliser les jeunes chauffeurs.

Ndlr : Katia (@lanomadesedentaire), vélotafeuse à Bruxelles, s'est récemment mise elle-aussi à ce type d'exercice (grâce à Bilook). Elle explique dans son article : "Je trouve que ces vidéos sont un formidable moyen de démystifier le vélo en milieu urbain. Mon espoir, c'est qu'elles soient regardées par d'autres cyclistes, bien sûr, mais aussi et surtout par des non-cyclistes."

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