Comment le vélo peut-il sauver notre économie (si on le laisse faire) ?

11 juillet 2011

Cet article est tiré d'une série d'articles écrits par Elly Blue.

Avec un nom pareil, on aurait pu croire qu'elle serait plutôt du genre à œuvrer pour la survie des baleines; mais il n'en est rien.

Elly Blue est plutôt green, fervente activiste de la cause vélo, vivant dans l'une des villes les plus bicycle friendly des États-unis, Portland.

Elle fut, entre autre, rédactrice en chef du web magazine BikePortlang.org, ou encore coordinatrice de la conférence Villes sans Voitures de Portland en 2008. Elly s'occupe aujourd'hui du blog TakingTheLane.com, où féminisme et vélo font bon ménage.

C'est avec son aimable autorisation que Weelz.fr vous présente ci-dessous une traduction de l'un de ses articles, paru originellement sur le magazine environnemental Grist.org, tiré de sa série intitulée "Bikenomics", une réflexion globale sur l'impact économique du vélo chez l'Oncle Sam :

Imaginez-vous recevoir entre 3000 et 12 000 $ par an de crédit d'impôts cette année. Maintenant, imaginez que cela revienne encore, et encore. Et que cela augmente d'environ un millier de dollar chaque année... Imaginez comment cela changerait votre vie...

Cela ressemble à un doux rêve ... mais c'est en réalité l'estimation d'un député conservateur sur ce que vous pourriez économiser en abandonnant votre voiture, ou même juste une de vos voitures, pour utiliser un vélo à la place.

Le tout-voiture qui prédomine rend parfois très difficile le choix du vélo. Les agglomérations, conçues exclusivement pour des véhicules motorisés, imposent une lourde sanction financière pour ceux qui sont contraint à dépenser sans cesse pour leur voiture. Mais si vous êtes l'un de ceux qui avez la chance de vivre dans un endroit amicale pour le vélo, alors vous pourrez faire tourner votre petit business local en arrêtant de remplir les poches de l'état, et remplirez même les vôtres si l'idée vous vient de troquer votre voiture contre un vélo.

Dans de nombreuses villes nord-américaines, où le déplacement à vélo a pris son envol, une nouvelle économie de la bicyclette est en pleine émergence. C'est incroyable de voir combien d'argent vous pouvez mettre de coté, lorsqu'il ne part pas dans votre réservoir d'essence, les compagnies d'assurance ou encore chez les constructeurs automobiles...!

Mais à quoi ressemblera donc cette nouvelle économie ?

Pas la peine de deviner. Elle est déjà là, sur le long réseau de pistes cyclables qui traversent les villes à l’échelle nationale. Une chose est sûre, cela comprend beaucoup de nouveaux magasins de vélos, comme celui qui vient d'ouvrir ses portes le long de la piste cyclable à Baltimore, l'un des cinq nouveaux magasins de vélo qui ont ouvert en à peine deux ans dans cette ville.

Une étude réalisée à Portland en 2008 estimait que l'industrie du cycle rapportait à elle seule 90 millions de dollars à l'économie locale chaque année. Le tourisme à vélo est également un argument de poids pour les régions qui peuvent en faire sa promotion. En 2010, l'état du Wisconsin a pu se vanter d'avoir générer 1,5 milliards de dollars uniquement avec le cyclotourisme.

"A Portland, les magasins se sont empressés de remplacer les emplacements voitures par des stationnements cyclistes"

Mais d'autres synergies, moins évidentes, se dégagent également. Les personnes qui se déplacent à vélo, tout comme les gens qui conduisent une voiture, font leurs courses à l'épicerie, vont chez le docteur, ont besoin d'une nouvelle chemise parfois, et aiment profiter d'un dîner et d'un film. Ils travaillent. Leurs enfants fréquentent l'école.

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En dépit de l'attention que donnent les grands médias aux supercommuters avaleurs de kilomètres, pour la plupart des personnes qui dépendent du vélo pour le transport, la vie est plus facile avec toutes ces nécessités à portée de roue, disons moins de 8 km de leur domicile, et de préférence sur des routes qui ne sont pas des autoroutes, ou tout du moins sans être inquiété d'avoir à les traverser.

Les parkings à vélo sont des indicateurs efficaces de cette nouvelle économie. L'enthousiasme d'une entreprise envers sa clientèle à deux-roues étant facile à mesurer au nombre de supports à vélo installés devant. A Portland, les magasins se sont empressés de remplacer les emplacements voitures par des stationnements cyclistes. Une chaîne locale d'épicerie à même récemment ouvert une enseigne avec plus de place pour les vélos que pour les voitures.

Et puis il y a eu le boom du chariot de courses qui a également rattrapé Portland. Aujourd'hui, pas une ruelle ou autre parking vacant, la plupart le long des pistes cyclables, qui n'ait été récupéré pour y installer fast-food ou restaurants. Comme un nouveau business model, c'est la réponse toute naturelle à une population qui aspire à déjeuner pas cher, sans aller trop loin, et surtout sans avoir besoin d'une place bitumée de 2 mètres sur 6 pour pouvoir s'y garer.

Et il y a encore beaucoup d'autres bénéfices locaux à tirer de cette nouvelle économie du vélo. Cela allant de réduire les dépenses de santé d'une famille, ou encore la réduction des besoins d'une entreprise à investir dans des espaces de stationnement coûteux pour son personnel et ses clients.

Pourtant, tant que nos gouvernements locaux continueront de faire la sourde oreille, plutôt que d'apporter leur soutien pour des rues plus sûres pour piétons et cyclistes, cette économie du vélo continuera d'être freinée, et les infrastructures inadaptées tout comme les gigantesques projets d'autoroutes continueront de voir le jour, ficelant au passage les budgets dédiées aux transports pour les décennies à venir.

L'économie du vélo, contrairement à sa cousine axée sur le transport, ne vise pas de nouveaux développement ni d’augmentation de valeurs, mais plutôt à améliorer la vie de la communauté existante. Il s'agit de rendre les villes et banlieues, aujourd'hui pensées sur une échelle automobile, accessibles à la simple force du mollet. Il s'agit de fournir les bases pour tous, dans chaque quartier, pour qu'enfin chacun puisse prétendre à ces fameux 3000 à 12000 $ de crédits d’impôts par an.

Les scénarios économiques où tout le monde est gagnant ne sont pas nombreux dans ce pays. Mais si vous deviez choisir une seule chose qui tirerait nos villes loin de ce trou obscure qu'est la récession, vous feriez bien de miser sur une simple et solide bicyclette...

Traduction libre de l'article "How bicycling will save the economy (if we let it)", rédigé par Elly Blu, Takingthelane.com.
Avec son aimable autorisation.

Crédits photos : Cafemama, Atwater Village, S. Vance, Gregraisman, Elly Blu, Beach650, Mark Stosberg, Poetas.

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