Vélo électrique Coleen, transparence et retours sur notre premier test

Vélo électrique Coleen, transparence et retours sur notre premier test

Au menu de ce billet, un contexte, quelques améliorations et un mea culpa... Courant décembre nous publiions un test sur le vélo électrique Coleen. Test que vous pouvez retrouver . Un test, avec une conclusion pas très encourageante et qui forcément, ne plait pas aux fondateurs Audrey et Thibaut. Précisons : nous ne subissons aucune pression de la part des équipes de Coleen. Ils expriment clairement leur surprise et leur déception sur le compte-rendu que nous faisons suite aux tests de leur vélo. Ils nous trouvent sévères. De notre côté, n'ayant pas été séduits par leur vélo, nous pensons que nous devons la vérité à nos lecteurs et lectrices (et chez Weelz, on aime bien la transparence et le droit de réponse, comme la dernière fois avec l'airbag vélo Hövding).

Pas un test Coleen, mais deux

Vous noterez que nous mettons "aux tests" au pluriel. Oui, nous essayons un vélo le jour 1, sur notre parcours étalon. Et franchement l'épreuve des côtes est ... une vraie épreuve. L'impression de grimper le mur de Grammont (1). Nous avons sous les fesses un VAE incapable d'avaler une côte sans bourriner sur les pédales. Très surpris par ce rendement, nous ramenons le vélo à l'agence de Relations Presse en disant, que ça ne va pas. Soit le vélo n'est pas bien, soit il y a un problème sur le modèle que nous avons. Mais qu'en l'état, le compte-rendu du test que nous allons faire va être douloureux. Douloureux pour Coleen, et douloureux pour nous. Nous ne prenons aucun plaisir à dézinguer un produit ou une marque.


C'est reparti pour un tour

Combien de trous dans le disque ?

"Pour un vélo à plus de 7,500€, nous nous disons que les clients seront dans le droit d'attendre une expérience incroyable et non juste correcte"

Nous convenons donc avec les équipes de Coleen de programmer un deuxième test le temps qu'ils vérifient le vélo, le logiciel. Nous les invitons à nous rappeler pour faire un deuxième test. Nous patientons. La semaine d'après, c'est bon, le vélo est vérifié, il y avait effectivement, aux dires de Coleen, un problème de paramétrage du moteur. Désormais, ça devrait aller beaucoup mieux. C'est donc reparti pour un deuxième test. Et là ?... Patatra. C'est mieux (en côte, ça ne pouvait pas être bien pire), mais ce n'est pas -beaucoup- mieux. Le nouveau paramétrage du moteur fait passer l'expérience à l'usage de désagréable à correct. Pour un vélo à plus de 7,500€, nous nous disons que les clients seront dans le droit d'attendre une expérience incroyable et non juste correcte.

Mieux ne signifie pas forcément bien

Nous faisons part à nouveau à Coleen et à l'agence de Relations presses de notre scepticisme, que nous ne pourrons pas faire un retour très encourageant sur ce vélo, en expliquant, que nous considérons nos lecteurs et nos lectrices comme nos ami·e·s. Et que si un de nos ami·e·s nous appelle pour nous demander notre avis quant à l'achat d'un Coleen, et bien, à notre pote, nous lui dirions qu'acheter un Coleen c'est bien. Rouler sur un Coleen, c'est moins rigolo.

Faire comprendre donc, à notre cher ami, s'il cherche un VAE pour rouler avec il en trouvera facilement d'autres, mieux et moins chers. Ce que nous exprimons peu ou prou dans notre retour du test. Peu ou prou parce qu'encore une fois, nous ne souhaitons pas être les procureurs du marché du vélo et ne souhaitons pas anéantir les efforts des entrepreneurs, mais nous ne souhaitons pas mentir non plus à nos lecteurs et lectrices. Bref, le résultat est le test publié en Décembre ("Un VAE Coleen pas taillé pour affronter des montagnes").

Le contexte point final

Avant de passer à la suite, nous rappelons que nous sommes sollicités par Coleen, par l'entremise de leur agence de Relations Presse. Pour le contexte encore, nous avions publié un billet pour vous présenter cette marque en septembre 2018. Nous avions tenté de contacter l'équipe un an après pour faire un point, suivre l'évolution du développement et nous avions été superbement ignorés (2). En Décembre 2020, la marque nous recontacte pour faire un test. Nous imaginons donc que la marque propose un vélo prêt, dans sa version commercialisable. Pas un vague prototype.

Test contradictoire... et des améliorations notoires

A 5, c'est parti

Ce jour, vendredi 24 février 2021, rendez-vous est pris pour tester à nouveau un vélo Coleen. Avec, a priori, le logiciel nickel, le moteur au petits oignons et toutes les conditions réunies pour vérifier, confirmer ou infirmer l'expérience de décembre 2020. Je n'ai pas le même vélo (souvenez-vous je roulais sur le vélo opale). Aujourd'hui, je roule sur leur vélo série spéciale Aston Martin, le N°5 (3). Ce qui est rassurant, le vélo n'est pas particulièrement propre ni rutilant (ll n'est pas non plus dans un état repoussant). Mais oui, je me dis que j'ai un vélo normal, paramétré et monté de série. Pas un vélo spécial, mis à disposition de Weelz!. Je pars pour deux heures avec, pour aller vérifier si mon expérience de décembre 2020 est la même en février 2021.

Mieux & bien - Bien mieux

Cintre en carbone.

Sur le plat et dans les rues de Paris, je retrouve les sensations agréables goûtées avant Noël. Sur le plat, un vélo roulant, facile à emmener, facile à manier. Avec les quatre niveaux d'assistance bien étagées et un vélo qui une fois lancé, tient facilement les 27/28km/h (même assistance en off).

"le rendement du vélo que j'ai sous les jambes n'a rien à voir avec le souvenir que j'en avais"

Je file direction Montmartre. Les côtes les plus exigeantes de Paris intra-muros. Pavées avec quelques raidards. Là, clairement, le rendement du vélo que j'ai sous les jambes n'a rien à voir avec le souvenir que j'en avais. La rue de la Montagne Sainte-Geneviève avalée, le séant dans la selle Idéale, à 16-17km/h avec l'assistance entre les niveaux 2 et 4. Descendre au niveau 1 signifie par contre clairement commencer à forcer dans les jambes. En mode OFF, non, ce n'est pas jouable. Je vous rappelle qu'en décembre, même en mode sport c'était quasi injouable (ou en tout cas très désagréable).

Sur le même sujet  [Test] Coleen, un vélo électrique Made in France à l'aise dans ses basques?

Difficile à bouger

Ce Coleen Aston Martin est bien, il est bien mieux. Enfin, il est prêt à vous emmener en haut de la colline sans forcer, avec l'assistance électrique à condition ... de ne jamais vous arrêter. Quitter l'arrêt dans une côte (testé rue des Abbesses, rue Lepic, Rue d'Amsterdam) n'est pas une chose aisée:

👉 Quand l'assistance est en off ou sur le niveau 1: Impossible, j'ai été obligé de faire demi-tour pour mettre le vélo en mouvement et pouvoir avancer. L'effort à fournir est beaucoup trop élevé pour démarrer (alors que monter ces rues sur l'élan (en mode assistance off) est difficile mais faisable).
👉 Quand l'assistance est sur le niveau 2 ou 3 : J'ai dû m'y reprendre à plusieurs fois pour quitter le 0km/h et pouvoir grimper la côte.
👉 Quand l'assistance est sur le niveau 4 : il y a un premier quart de tour de pédalier à aller chercher qui est difficile. Ensuite l'assistance et la puissance arrivent.

En côte donc, il y a un vrai trou dans l'assistance entre 0km/h et 5-6km/h. Une fois cette barrière franchie, le vélo grimpe aisément à 15-16km/h quand l'assistance est au maximum, 12-13km/h quand l'assistance est au niveau 2 ou 3. En résumé, l'assistance de l'arrêt total au premier tour de pédalier est difficile à aller chercher. En revanche, l'assistance est clairement là dès que l'on a réussi a dépasser ce cap.

Conclusions de ce test contradictoire

A propos du vélo

Ca monte et ne pique plus les jambes (mais il faudrait pas qu'on me le pique)

Le jour et la nuit. Le paramétrage du moteur est bien meilleur sur cette version que sur la version testée en Décembre 2020. Le vélo vert du jour n'est pas un speedbike déguisé. L'assistance se coupe au-delà des 25km/h. Je n'irais pas jusqu'à dire que le vélo est une révélation, mais il tient enfin sa promesse d'un vélo roulant, confortable et puissant. Un vélo à assistance électrique, avec une assistance volontaire pour vous amener en haut de la colline sans forcer, sans transpirer.

Il reste, quand même, encore à trouver le bon réglage pour pallier ce point d'assistance qui n'arrive pas entre 0 et 5km/h. Notez tout de même que ce test du démarrage en côte avec un vélo à assistance électrique est un vrai challenge. Peu de vélos le passent haut la main (Ndlr : Les moteurs VTTAE sont mieux calibrés sur ce point, voir sinon aussi le test du FLYER UpStreet il y a peu). Les capteurs ont besoin de détecter un mouvement pour déclencher l'assistance. Ce mouvement est inexistant à l'arrêt (et pour cause!). Dans le cas du Coleen, le fait d'être en single speed (mono-vitesse) ne le favorise pas.

A propos de la méthodologie du test

Marcel a t-il Aymé ce vélo ?

C'est l'heure du mea culpa. Engoncé dans une vision pratique et d'usage je n'ai probablement pas su prendre le recul nécessaire en relatant mes ressentis suite à mes kilomètres sur ce vélo. Je suis peut-être trop resté dans une pratique vélotaf, utilitaire, pour aller du point A au point B au quotidien. J'ai tenté, à tort, de résoudre une équation à la place des lecteurs et lectrices, en me demandant, si, avec Coleen, j'en ai pour mon argent en me rendant au bureau au quotidien avec.

"un produit différent, pensé, créé, conçu, assemblé en France"

Les futur(e)s client(e)s de Coleen ne sont probablement pas à la recherche de ce service en décidant de rouler sur les vélos de cette marque. Ils et elles seront dans une démarche différente. Une recherche d'esthétisme, de philosophie, dans laquelle primera le plaisir du design, le plaisir de rouler sur un produit différent, pensé, créé, conçu, assemblé et fabriqué en France. Rouler sur un vélo sur lequel la performance et l'efficacité ne sont pas les compromis prégnants dans le choix de la monture.

Finalement, si le vélo à assistance électrique devait être jugé sur ses qualités de vélo utilitaire au quotidien, le verdict annoncé en décembre, peut être revu à la hausse grâce à une bien meilleure assistance délivrée par le vélo testé en février qu'en décembre. Noté 2,5 à l'époque (sur 5), il monterait à 4 aujourd'hui. Il y a toujours ce satané "trou" au démarrage en côte sur la version essayée. On peut aisément imaginer qu'il y a un travail permanent d'amélioration, on peut donc imaginer que les ingénieurs chez Coleen trouveront la solution pour combler ce trou au démarrage en côte.

Et si l'on rentre dans une notion d'œuvre d'art, de "savoir-faire à la française", d'excellence, de fait-main, d'artisanat, d'innovation, alors porter un jugement de valeur n'a plus aucun sens. A chacun(e) de définir quelle place pour le vélo dans sa vie.

(1) Le mur de Grammont
(2) Et ce n'est pas grave d'être ignorés. Entreprendre n'est pas facile, développer un vélo non plus. L'équipe n'avait peut-être pas grand-chose de séduisant à nous dire à l'époque. Et puis nous sommes Weelz !, pas l'audience large et grand public d'un Figaro mais une audience fine et au fait du marché et de notre expertise.
(3) Le N°5 est un vélo "série spéciale" proposé à 8,685€

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