Cergy : quand le vélo est synonyme de réinsertion

5 octobre 2016
| par Paul Lefort

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L'exemple de Montreuil nous a montré que la banlieue parisienne pouvait être un lieu propice au vélo. Pour Cergy, nous sommes dans le cas de la banlieue éloignée puisque ni métro ni train de banlieue ne vont jusqu'à cette ville (seulement des RER et des bus).

"le vélo est peu utilisé pour les déplacements" On ne croise pas beaucoup de cyclistes quand on s'y promène. De fait, le vélo est peu utilisé pour les déplacements domicile-travail ou domicile-commerce, car la ville est une des plus étendues de France et le dénivelé est important.

La morphologie de Cergy n'est pas favorable, si on veut traverser la ville on a plus de 100m de dénivelé en 10km. En revanche, elle se situe à proximité du parc du Vexin, ce qui est propice au vélo cyclotourisme et au vélo loisir.

C'est dans ce contexte qu'est apparu une structure vélocipédique pas comme les autres : Veloservice Cergy. C'est un chantier d'insertion qui a débuté avec 8 salariés en insertion et qui en compte aujourd'hui 12.

J'ai rencontré son responsable, Jean-Claude Marceaux. La structure dispose de deux ateliers au total et les jeunes n'ont pas de préférences particulières pour le vélo ils viennent pour l'expérience professionnel. Au sein du service de prévention de l'agglomération, ce chantier dédié au vélo vient en complément d'un chantier d'insertion pour les espaces verts et d'une auto-école solidaire.

Le but du chantier est de fournir une expérience professionnelle à des jeunes en décrochages. Veloservice propose des services de réparation de vélo et de location en courte ou longue durée. En plus, le chantier collabore avec la SNCF et fait des réparations de vélo dans les gares pour les utilisateurs intermodaux.

On compte plus de 86 ateliers mobiles à l'année. En termes d'insertion, 50% des jeunes trouvent un emploi ou une formation pérenne. L'autre moitié trouve un emploi plus tard ou ne trouve rien… 50% d'insertion c'est un bon chiffre. Le chantier a trois sources de financement : le revenu tiré de ses services, les subventions publiques de l'agglomération ainsi que celle du Fond social européen (qui passent par la région).

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Notre entretien a aussi été l'occasion d'évoquer la place donnée au vélo à Cergy. Jean-Claude Marceaux n'identifie pas de profil type d'utilisateur du vélo. Au début, les élus ont voulu que Véloserice se concentre sur les déplacements domicile-travail et les cyclistes urbains.

Mais selon lui c'est un public qui ne rapporte pas de revenus (car il sait réparer son vélo) et il est peu présent à Cergy. Dès son arrivée il a développé des activités pour le vélo loisir et le vélo sportif (locations et réparations) afin d'élargir le public cible, ce qui lui a permis de multiplier le chiffre d'affaire de la structure par 3 en 3 ans.

Il le dit lui-même, sa priorité est l'insertion des jeunes qu'il encadre. Pour cela, il a besoin de générer des revenus pour améliorer ses capacités d'encadrement. Son but premier n'est pas d'encourager la pratique du vélo.

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Quand on lui parle des infrastructures cyclables à Cergy, il déplore un très faible investissement de la mairie en la matière. Les pistes cyclables sont très mal reliées et le système de VLS ne convient pas à la ville (étendu et à fort dénivelé), ce qui décourage les utilisateurs potentiels qui préfèrent se déplacer à voiture.

Il n'y a pas d'associations de cyclistes urbains dans la ville mais ce n'est pas à VeloService d'endosser ce rôle puisque c'est une structure de l'agglomération.

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  • David

    Il y a une confusion entre Cergy (ville) et Cergy-Pontoise (l'agglomération). C'est cette dernière qui fait 10 km et sa taille est dans la moyenne des agglomérations. Par exemple, la photo de l'article est prise à St Ouen l'Aumône et non à Cergy. Et Cergy-Pontoise a bien des trains de banlieue (St Lazare et Gare du Nord). La très faible présence de vélos n'est pas liée à la taille de la ville et à son dénivelé. Ça, c'est l'argument donné par les responsables locaux pour justifier le statu quo mais on pourrait y opposer des contre-exemples. En revanche, la ville moderne a clairement été conçue pour la voiture: grandes artères, immenses parkings (et la ville continue à en construire), faible densité. Depuis, la politique cyclable a toujours été le parent pauvre (Schéma directeur cyclable laissé en plan, Pontoise nomminée au Clou Rouillé de la FUB). Le VLS a été une décision unilatérale de l'agglomération, une mesure d'affichage mais sans doute peu efficace en effet, et coûteuse. Il y a bel et bien une association de cyclistes urbains à Cergy-Pontoise: Allez-y à vélo. Mais ses avis son très peu pris en compte.