Berlin, à l'aube d'une révolution vélo ? Ep. 2

Berlin, à l’aube d’une révolution vélo ? Ep. 2

Un réseau cyclable vieillissant

À lire ici, la première partie de notre visite vélo à Berlin.

Et il y en a besoin. Après avoir roulé durant trois jours aux quatre coins de ville, on constate que le réseau cyclable reste relativement inégal. Il est surtout vieillissant. Très souvent, les pistes cyclables ont été tracées sur les trottoirs. Et bien que ceux-ci soient suffisamment larges, la piste, elle, reste étonnamment étroite et empêche souvent le dépassement. Une infrastructure non-adaptée pour recevoir un flux important de nouveaux cyclistes.

"il demeure cet incroyable conscience du cycliste par les automobilistes" De plus, elles ont souvent été réalisées dans des pavés autobloquants, qui à certains endroits se sont déformés au fur et à mesure des années, sous l'action de la pousse des racines ou encore du gel. Même avec un vélo confortable, la piste demeure, elle, assez déplaisante et on envie l'automobiliste juste à coté et son bitume bien lisse.

En revanche, lorsqu'il s'agit de bandes cyclables, elles sont souvent assez larges pour s'y sentir suffisamment en sécurité. Car bien que nous soyons dans une grande métropole, et que le trafic automobile est important, il demeure cet incroyable conscience du cycliste par les automobilistes.

Jamais je ne me suis fait couper la route. Même si vous êtes loin et qu'il a le temps de passer, le conducteur attend sagement que le flux vélo soit passé avant de tourner à droite (oui, contrairement à l'automobiliste français, l'allemand sait se servir de cet objet que l'on nomme rétroviseur).

Et même lorsqu'il n'y a pas d'infrastructures cyclables, il faut reconnaître que le respect germanique l'emporte et que vous vous sentez tout de même en sécurité, même lorsque le trafic est dense et rapide. On vous laisse toujours assez de place lors des déplacements (il y a bien sûr parfois des exceptions qui confirment la règle). Quant aux conflits d'usage piéton-vélo, ils sont extrêmement rares, car les piétons sont aussi conscients de l'existence d'un réseau cyclable.

Parfois, la lecture du réseau cyclable demeure un peu floue. L'infra vélo a été oubliée dans certains endroits de la ville. D'ailleurs, le sas vélo n'existe pas là-bas, ce qui fait qu'à certaines intersections larges, vous êtes obligé de vous positionner au feu perpendiculaire avant de pouvoir tourner à gauche, au risque de se retrouver en conflit avec les piétons.

Coté stationnement, bien qu'un effort ait été fait, l'offre existante n'est clairement plus suffisante. Dans ses dix objectifs, le Volksentscheid Fahrrad demande la création de 200 000 places de stationnement vélo supplémentaires, autant dans les rues qu'aux abords des transports publics (Il faut toujours voir grand - la FUB demande le même chiffre, mais à l'échelle nationale).

On a en effet pu constater que près des entrées de U-Bahn ou S-Bahn, les parkings vélo étaient souvent pleins à craquer.

Comme dans beaucoup d'autres grandes métropoles, Berlin n'échappe pas aux travaux incessants. En revanche, comme nous l'avions d'ailleurs déjà constaté à Copenhague, les piétons, comme les cyclistes, ne sont jamais oubliés et vous avez presque à chaque fois une solution de continuité pour passer en sécurité, quitte à prendre de la place à la voiture.

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En dehors des grandes voies, sur le réseau secondaire, on peut emprunter des rues vélo, ces fameuses fahrradstraße où le cycliste est prioritaire et où l'automobiliste est tenu de patienter derrière. Encore une fois, aucun problème comportemental constaté.

Une culture du local et de l'autonomie

"le vélo joue un rôle primordial dans l'apprentissage de la mobilité" Malgré nos origines latino-germanique, nos cultures respectives restent opposées sur bien des aspects. En Allemagne, comme dans beaucoup d'autres contrées nord-européennes, le pragmatisme l'emporte souvent et l'on regarde le côté utile avant tout autre chose.

Du côté des enfants, c'est l'autonomie qui prime. Dès leur plus jeune âge, on les habitue à se débrouiller par eux-mêmes, notamment dans leurs déplacements. Tout petit, le vélo joue donc un rôle primordial dans l'apprentissage de la mobilité. Des habitudes qui, évidemment, perdurent à l'âge adulte.

Une autre chose importante sur laquelle nos comportements diffèrent, ce sont nos habitudes de consommation. Là où le français ne voit aucun problème à prendre sa voiture pour faire son plein de course dans un grand centre commercial en périphérie une fois par semaine, l'allemand, lui, privilégie le commerce local, quitte à s'y déplacer plusieurs fois par semaine.

Des habitudes de consommation qui permettent à de nombreux commerçants d'avoir une activité pérenne, même en plein centre-ville. Partant du principe que les quantités d'emplettes restent faibles, la voiture devient par là même inutile, et une grande majorité de berlinois font donc leurs courses à pied ou à vélo.

À propos de magasin d'ailleurs, le réseau de boutiques et d'ateliers vélo est dense à travers la ville. Cela permet aux cyclistes urbains de Berlin de trouver facilement un réparateur pour leurs montures à deux pas de chez eux.

Visiter Berlin à vélo

Si Berlin n'est assurément pas la capitale cyclable de l'Allemagne, il n'en demeure pas moins qu'elle se prête bien au vélo, autant pour le déplacement classique que pour la flânerie touristique. Même un touriste peu habitué à pédaler pourra s'y sentir en sécurité, encore une fois grâce à l'attention que prête chaque usager de la chaussée et à son très haut respect des règles (il est très rare de voir un piéton allemand traverser lorsque le feu est rouge, même lorsqu'il n'y a aucun trafic).

Si vous souhaitez vous-aussi, aller pédaler dans les rues berlinoises et découvrir l'histoire incroyablement riche de cette ville, on vous conseille les services de Berlin on Bike. Leur flotte de vélo est de qualité et j'ai même pu bénéficier d'une visite en Français du Berlin alternatif (notamment les quartiers de Friedrichshain et Kreuzberg). Mais vous pouvez aussi opter pour des visites plus classiques, y compris celle suivant le tracé de l'ancien mur de Berlin. Et surtout, n'oubliez-pas d'aller poser vos roues dans l'immense parc qu'est devenu l'ancien aéroport Templehof.

Sur l'une des deux ex-pistes d'atterrissage de l'aéroport Templehof

Press trip réalisé à Berlin, du 22 au 25 mars 2018. On remercie l'office du tourisme, Visit Berlin, d'avoir rendu en partie ce voyage de presse possible.

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