Attention, il y a des voitures!

Attention, il y a des voitures!

Vous qui lisez ces lignes, vous êtes le fils ou la fille de quelqu'un (vérité vraie...). Que vous ayez été élevé par vos parents, vos oncles et tantes ou vos grands-parents, vous avez nécessairement déjà entendu cette phrase dans leur bouche: "Attention, il y a des voitures !".

Elle peut parfois prendre des formes et des tournures différentes: "Ne cours-pas, on est sur un parking" ou encore "prends garde, les gens roulent vite ici"...

D'ailleurs, si vous avez la chance d'être vous même parents aujourd'hui, vous avez très probablement déjà prononcé ces mots. Parfois sans même vous en rendre compte... (fonctionne aussi si vous êtes tonton, nounou, grand cousin ou encore animateur en centre aéré...)

C'est assez paradoxale quand on y pense, de se dire que dans une culture occidentale où l'on érige la bagnole au rang d'élément social sacré, ceux qui nous élèvent n'ont de cesse de nous rappeler à quel point cet objet est dangereux.

Ces masses de métal, de verre, de plastique et de caoutchouc ont pris une telle place dans notre vie quotidienne, autant physiquement que socialement, que leur seule présence n'a même plus à être justifiée. L'unique chose que l'on trouve à faire, c'est blâmer ceux et celles qui auraient l'outrecuidance d’empiéter sur le (gigantesque) espace urbain qui leur est dévolu.

"Expression symptomatique de l'ultra-addiction de notre société à l'automobile"

"Attention, il y a des voitures!". Une phrase anodine, mais lourde de sens… Expression symptomatique de l'ultra-addiction de notre société à l'automobile. Des mots qui trouvent leurs origines dans cinquante ans d'une politique des transports qui a toujours placé la voiture comme un maillon essentiel, au détriment de tous les autres modes de déplacements.

L'hégémonie de ce moyen de transport se traduit donc ainsi. Nous avons été réduit à accepter sans broncher sa toute puissance, à légitimer son besoin viscéral d'espace et de vitesse, condamner à brimer sans cesse notre propre progéniture en lui rappelant d'être constamment sur ses gardes et de ne surtout pas se mettre en travers du chemin de l'automobiliste.

L'ordre des choses ne devrait-il pas être exactement l'inverse ? Ne devriez-vous pas, en tant que parent, dire à votre enfant : "Oui, bien sûr, prend ton vélo pour aller tu veux!" ou encore "Pas de problème, va jouer avec tes amis dans la rue!".

Je suis papa depuis quelques années maintenant, j'aimerais pouvoir parler de cet état de fait au passé avec mes futurs petit-enfants. "C'était comment papy la ville avant ?" - "Tu sais, il fut un temps ou l'on ne laissait pas les enfants se déplacer à vélo, ni jouer dehors, pas même traverser la rue..."

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