Artisanat vélo, en visite chez CYFAC à La Fuye

Artisanat vélo, en visite chez CYFAC à La Fuye

L'artisanat français du vélo n'est pas mort

Histoire d'allier l'utile à l'agréable, on a profité de devoir récupérer en test le dernier modèle gravel des Cycles MERAL, pour rendre en même-temps une petite visite de courtoisie à l'endroit même où les vélos sont conçus : l'atelier CYFAC International.

Ancien DG salarié, c'est Aymeric Le Brun qui a repris les rênes de l'entreprise en 2008. Pour en savoir plus sur l'historique de cet artisan français du vélo qui oeuvre depuis les années 70, n'hésitez-pas à aller lire notre précédent article.


C'est Boris Demeure, le commercial maison, qui nous accueille ce jour-là. Le jeune homme est tombé dans la marmite du vélo lorsqu'il était petit. Avec des études pourtant éloignées de ce domaine (en agriculture), il n'a ensuite qu'une idée en tête : travailler dans le milieu du cyclisme. Un poste se libère chez CYFAC, l'aubaine est parfaite.

Boris est également un adepte d'ultra-distance et il tente de cumuler sa passion avec son boulot. Il a déjà plusieurs BRM¹ à son actif avec comme objectif de réaliser un Paris-Brest-Paris, qu'il n'a malheureusement pas pu concrétiser il y a 4 ans (Le PBP se déroule tous les 4 ans, le prochain est en août cette année).

Entre une antique machine à gruger et un vieux tour russe de 1964, je débute la visite dans l'atelier le plus important, l'acier. Un matériau qui a depuis longtemps acquis ses lettres de noblesse. Tombé en désuétude avec l'avènement de l'aluminium industriel, l'acier reprend depuis quelques années de la vigueur chez de nombreux fabricants.

La plupart des tubes avec lesquels les soudeurs vont travailler viennent de chez l'italien Columbus. Lors de ma visite, trois employés s'affairent. L'un est en train d'assembler un cadre, l'autre de poser des pas de vis. Le dernier joue de la ponceuse sur un projet un peu spécial, le vélo de record de vitesse de Eric Gaumet.

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Un peu plus loin, l'atelier aluminium. Boris m'avoue que Cyfac ne produit quasiment plus de cadre aluminium, les clients privilégiant l'acier ou le carbone.

Le poste de soudure alu est isolé car le procédé est différent d'une soudure acier. On assemble des tubes acier par un procédé de soudo-brasure, en chauffant des tiges de laiton (ou laiton-argent pour les tubes inox).

Pour l'aluminium, on parle de soudure TIG (Tungsten Inert Gas). On crée un arc électrique entre l'électrode (le tungstène) et un gaz inerte comme de l'argon ou de l'hélium.

Tous les cadres CYFAC ou MERAL sont peints à la main dans l'atelier peinture, mais la société joue également le rôle de sous-traitant sur cette partie.

De nombreuses marques font confiance à leur expertise dans ce domaine. Ils ont adapté les techniques venues de l'industrie automobile à la spécificité d'un cadre de vélo.

Toutes la cosmétique et le stickage sont également réalisés à la main.

Dernière partie de ma visite, l'atelier composite. Certes, la matière est moins noble que l'acier, mais les vertus de celle-ci ne sont plus à démontrer (rigidité, confort, filtration…).

CYFAC ne fait pas de cadre monocoque sur base de moule, mais réalise des cadres à base de tubes carbone, en les assemblant par un procédé de collage et stratification.

Le technicien va coller différentes couches de feuilles carbone, parfois de carbone et kevlar, dans différentes directions. Une fois séchée, chaque jonction de tube est polie.

Vous l'aurez compris, l'artisanat français du vélo n'est pas mort ! Alors, bien évidemment, un vélo sur-mesure n'est pas à la portée de toutes les bourses (De 5000€ jusqu'à 15 000€).

C'est aussi pour cela que Cyfac a fait renaître les Cycles Méral, afin de produire des cadres de série plus abordables.

¹ BRM: Brevet de Randonneurs Mondiaux.

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