Accident à vélo, nos 7 conseils pour bien réagir

Accident à vélo, nos 7 conseils pour bien réagir

L'accident à vélo, nous préférons l'éviter. Parfois, on n'y arrive pas. Voici donc 7 conseils à suivre quand ça arrive et qu'un conducteur de véhicule motorisé est impliqué. Que vous soyez une victime ou un témoin.

Accident à vélo, ne pas minimiser les conséquences

Évidemment, il y a le petit accrochage, désagréable et sans conséquence physique ou matérielle. Et les accidents corporels, graves. En tout état de cause, il est fréquent de minimiser les conséquences "Ca va, ça va". Puis de se rendre compte après coup, qu'il y a de grosses douleurs, de gros dégâts. Dans cet article nous apportons 7 conseils et constats qui peuvent vous servir de guide, même sur un accident a priori bénin.


Ça se croise de partout.

1/ Vous êtes une victime, peu importe les circonstances

Comme nous l'explique très bien Maître Romy Laffond-Collard au micro de cette émission radio, les cyclistes, piétons et passagers d'un véhicule motorisé, en cas d'accident ont un statut reconnu automatiquement de victime de la route. Cela signifie, quelles que soient les circonstances, que la Société prendra en charge les frais médicaux relatifs à votre accident. Évidemment, cela ne veut pas dire qu'il ne convient pas d'être prudent, de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour éviter le gadin. Il n'empêche, aux yeux de la loi, vous êtes une victime. Aux yeux de la loi, vous n'êtes pas celui (ou celle) qui doit s'excuser pour la situation vécue.

Tente de comprendre où tu dois te mettre.

2/ Protéger, alerter, secourir

Quelle que soit la nature et la gravité de l'accident, ces trois actions, dans ce sens précisément, doivent être mise en œuvre. Ici bien sûr, la lecture de ces conseils sera différente si vous êtes la victime ou témoin d'un accident. Et si vous êtes la victime, évidemment, cela dépend de votre état de santé. Ces trois points ci-dessous s'appliquent plutôt si vous êtes témoin d'un accident.

C'est bon tous les cyclistes ont un casque. La sécurité routière est contente ?

Protéger

Commencez par protéger la victime et le lieu de l'accident. Ceci afin d'éviter un sur-accident. Protéger la victime ne signifie pas la toucher ou la déplacer. En fait, si la victime n'est pas en mesure de se déplacer seule, surtout ne l'aidez pas à bouger. Vous pourriez aggraver sa situation sanitaire. Pour la protéger, utilisez les moyens que vous trouverez. Une voiture qui se stationne quelques mètres devant, un vélo couché, une personne qui se poste quelques mètres devant l'accident et qui régule, ralentit la circulation.

Alerter

Alerter les secours en composant le 18 ou le 112. Soyez calmes et précis dans la description de la situation. Très précis pour la localisation de l'accident. Si possible, restez proche de la victime pendant cette conversation téléphonique. Tous les conseils sont énoncés sur le site des pompiers1.

Secourir

Une bonne idée, suivre une formation demain.

Vous n'avez pas votre brevet de secouriste ? Vous ne savez pas bien quoi faire ? En attendant les secours, parler avec la victime (si elle est consciente) est important. Rassurez-là. Demandez lui comment elle s'appelle, son âge, si elle se souvient quel jour nous sommes. Si elle a des allergies connues, des antécédents médicaux.

Toutes ces questions la rassureront et la stimuleront. Dites lui d'une voix calme, que les secours arrivent, que ça ne va pas être long. Que la victime soit consciente quand les secours arriveront pourra être déterminant dans la prise en charge. Dans le cas où elle perd connaissance avant l'arrivée des secours, vous pourrez avoir glané de précieuses informations. Si une couverture est disponible, n'hésitez pas à la couvrir (sans déplacer la victime). Si vous pouvez, donnez lui la main ou posez la votre sur la sienne. Ne lui donnez pas à boire. Si vous avez votre brevet de secouriste, vous savez ce que vous devez faire, s'il faut tenter de stopper une hémorragie par exemple.

Vous êtes victime de l'accident, vous sentez que vous êtes en état de gérer la situation par vous même, voici ce qu'il nous semble impératif de faire. En tout cas, prenez votre temps. Et ne cédez pas à la pression potentielle des autres personnes impliquées qui pourraient vous dire "allez ça va. On ne va pas en faire un pataquès".

3/ Faites une auto-évaluation corporelle

"Vous êtes à terre, ne vous relevez pas dans la précipitation"

Vous êtes à terre, ne vous relevez pas dans la précipitation. Bien sûr, si vous êtes à terre, que ça va globalement et que vous êtes au milieu de la chaussée, évaluez rapidement votre capacité à vous mettre à l'abri. Si vous pouvez le faire, faites-le. Si vous ne pouvez pas, assurez-vous que vous êtes protégés des autres usagers.

Une fois le premier choc émotionnel passé, vient le moment de reprendre vos esprits. Ce n'est pas encore le moment de tenter de comprendre ce qui s'est passé. Simplement, concentrez-vous sur vous, votre état de santé. C'est l'instant de vous assurer que vous allez bien. Se relever précipitamment peut amener à une perte de conscience et une nouvelle chute. Soyez patients. Au sol, jetez un coup d'œil là où vous avez mal.

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Une chute, ça arrive aussi aux meilleurs.

Vous avez mal

Est-ce que vous saignez ? Des articulations douloureuses ? Ces deux symptômes, indépendants l'un de l'autre, suffisent à justifier l'appel des pompiers. Vous aurez besoin de désinfectant a minima. Vous aurez peut-être besoin d'un examen complémentaire (radiographie). Les secours sauront vous dire ce dont vous avez besoin.

Vous n'avez pas mal

Souvent, dans les premières minutes après une chute à vélo, on ne ressent pas véritablement de douleur. En état de choc, tout va bien. Méthodiquement vérifiez chaque articulation. Chevilles, poignets, doigts, genoux, hanches, coudes, épaules, cou. Si vous avez mal, reportez-vous au chapitre précédent, appelez les secours. Aucune douleur n'est perceptible. Tant mieux. Relevez-vous doucement, attention à ne pas perdre conscience. Marchez tranquillement pour reprendre vos esprits. N'hésitez pas à vous asseoir à nouveau, un peu plus loin.

4/ S'occuper des autres

Si votre accident implique d'autres victimes corporelles potentielles (pilote de deux-roues motorisées par exemple), il est temps de vous inquiéter de leur état de santé. Sont-elles alertes, conscientes ? Selon vous, ont-ils besoin des secours professionnels ? Échangez avec les autres personnes. Soyez aussi à l'écoute de ce qu'ils ressentent. Ne décidez pas pour eux s'ils ont besoin de secours professionnels. En tout cas, s'il y a un doute, c'est que les secours seront les bienvenus.

Là Matthieu a mal.

5/ Faites une auto-évaluation matérielle

Après avoir évalué et fait le tour de l'état de santé de l'ensemble des protagonistes. Si ça va bof... vous aurez tout le temps de vous inquiéter de votre monture. Si tout va plutôt bien, il est temps de s'occuper du matériel. Votre vélo. Ne repartez pas bille en tête. Dites-vous qu'il a forcément morflé. Il convient d'y aller avec méthode.

"Au moindre doute, renoncez à remonter sur votre vélo pour terminer votre trajet"

➡️ Les roues : Tournent-elles ? Sont-elles voilées ?
➡️ Les freins : répondent-ils normalement ?
➡️ La direction : Le cintre, la potence, la colonne de direction, la fourche : est-il dans l'axe ? y a-t-il du jeu ?
➡️ Le pédalier et la chaîne : idem, identifiez-vous un nouveau bruit ? un problème de chaîne qui a sauté ? du jeu dans l'axe du pédalier ?
➡️ Le cadre : identifiez-vous un choc ? une cassure ?

Vérifier l'état du vélo doit être fait avec minutie. En utilisant la vue, l'oreille et le touché. Au moindre doute, renoncez à remonter sur votre vélo pour terminer votre trajet. Si tout vous semble dans l'ordre, vous pouvez envisager de terminer votre trajet sur votre vélo. Soyez prudents, le vélo peut avoir subi un choc invisible à votre œil amateur, inaudible. Par exemple un cintre qui a tourné peut signifier qu'il n'est plus suffisamment maintenu sur la colonne de direction. Dans ce cas, rouler sur votre vélo peut représenter un vrai danger. Malgré tout ne plus être en état de rouler. Prévoyez toujours un passage chez votre vélociste pour une vérification professionnelle et évitez de rouler avec le vélo avant une confirmation en bonne et due forme d'un professionnel.

c'est bon, vous pouvez rentrer tranquille, sans risque.

6/ Avant de partir : Collectez les informations

Témoins, victimes, récupérez les numéros immatriculation des véhicules (si besoin faites des photos avec votre téléphone, s'il est équipé d'une caméra), l'identité des personnes impliquées, leur numéro de téléphone, les circonstances de l'accident. Si besoin de faire un constat, il existe plein d'applis disponible sur Android et iOs pour télécharger un formulaire de constat amiable (tapez simplement "Constat amiable" dans votre Appstore). Si les autres personnes impliquées dans l'accident refusent d'en remplir un. Faites le seul et mentionnez le refus de faire un constat des autres parties.

7/ Après, médecin et assurance

En cas de doute sur votre état de santé, filez chez votre médecin généraliste, si possible maximum dans les 24h suite à votre accident. D'autant qu'il est fréquent qu'à chaud vous n'ayez aucune douleur et quelques heures après la chute, votre corps se réveille et les douleurs vous envahissent les unes après les autres.

Faites de même pour votre vélo, prenez rendez-vous chez votre vélociste, qu'il inspecte votre vélo et vous confirme les travaux à faire (ou pas). Transmettez votre dossier (constat amiable, ordonnance du médecin, devis du vélociste) à votre assureur. Gardez contact avec les autres personnes impliquées dans l'accident, pour la suite. Donnez des nouvelles, si besoin, aux témoins qui se sont manifestés.

Bien sûr, chaque situation, chaque accident est unique. Dans la plupart des cas, l'ensemble de ses conseils vont être superflus. Dans certains cas, plus graves, l'état de votre vélo sera le cadet de vos soucis. Avec cette liste de conseils, nous avons souhaité vous donner les conseils qui nous semblent les plus pertinents. Si vous pensez que nous en avons oublié, ou si d'expérience vous voyez les choses autrement, n'hésitez pas à réagir en commentaire de cet article. Le sujet est trop important pour ne pas en discuter de manière plus approfondie si besoin.

1 Le 112, appel d'urgence Européen.

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