AAVP,  (encore) une nouvelle association dans le paysage vélo

AAVP, (encore) une nouvelle association dans le paysage vélo

AAVP, pour Association des Acteurs du Vélo Public. Le vélo est pluriel. Tellement pluriel qu'il compte autant de fédérations que de doigts sur une main. La machine est tantôt un objet, tantôt un outil, tantôt un instrument, tantôt un moyen, tantôt un objectif. On ne vous parle pas des différents usages et des différentes pratiques. On parle aussi souvent de système vélo. De quoi en perdre son latin. Mercredi 29 juin dernier arrivait une nouvelle association qui vient, peut-être, combler un trou dans la raquette. Elle s'appelle l'AAVP et on vous en parle, ici, parce qu'on aime bien l'idée que vous compreniez qui fait quoi là-dedans.

Cinq fédérations, vraiment ?

Oui. Nous dénombrons (au moins) cinq fédérations qui ont le vélo comme objet principal ou secondaire : la Fédération des Usagers de la Bicyclette (FUB), la Fédération Française de Cyclisme (FFC), La Fédération Française de Cyclotourisme, (FFVélo - ex-FFCT), La Fédération Française de Triathlon (FFTri) et enfin l'Union Française des Œuvres Laïques d’Éducation Physique (UFOLEP). Nous vous faisons un rapide tour d'horizon.


La FUB - Fédération des Usagers de la Bicyclette

Même si le nombre d'adhérents exact est un secret aussi bien gardé que le nombre d'adhérents à 40 millions d'automobilistes, la FUB est plutôt connue des usagers impliqués dans la cause du vélo comme outil de mobilité. Étonnamment, sa notoriété dans le paysage de la bicyclette chute en pourcentage de manière proportionnelle à l'augmentation du nombre de cyclistes dans nos villes et territoires.

Un congrès de la FUB

Heureusement pour elle, sa notoriété sous les ors de la République est grandissante (autant que son influence). Auprès de quel ministère est-elle rattachée aujourd'hui ? Ce n'est pas bien clair. On notera que le ministère de l'intérieur et le ministère de la transition écologique sont mentionnés comme "partenaires institutionnels".

La FFC - Fédération Française de Cyclisme

Cette Fédé est rattachée au ministère des sports. Sa mission initiale est bien d'organiser les championnats de France et délivrer les titres de champions de France. Elle s'occupe du vélo de route mais aussi du cyclisme artistique ou le bike-polo. La FFC aussi s'implique dans la mobilité vélo, bien sûr, ce fameux SRAV - Savoir Rouler à Vélo (il semble que désormais on dit SRV). De plus en plus. La question suivante pourrait être : le fait-elle de mieux en mieux ? (à notre sens oui).

Alex Jumelin, un formateur de luxe de la FFC

La FFVélo

Là, l'appellation est déjà un sujet. C'est un peu pénible. Parfois elle s'appelle FFVélo parfois FFCT (pour Cyclotourisme). Isabelle Lesens1 évoquait ce sujet de manière plutôt claire et éclairée sur son blog. Si le sujet vous passionne, un lien vers son article en fin de billet.

Peu importe l'appellation, la FF Vélo est un acteur qui compte également dans le paysage du vélo en France. C'est du tourisme, du loisir, de la mobilité aussi. Ils ne sont pas les derniers pour publier des guides, pour une mobilité sereine à vélo ; ou prodiguer des formations ici et là. Vous ne connaissez pas leur charte des aménagements cyclables, c'est là.

Une formation SRV par la FFCT FF Vélo.

Deux pour le prix d'une, pour finir

La FFTriathlon s'occupe aussi de vélo. Ils s'occupent aussi de mobilité. Ils ont eux aussi leur programme "savoir rouler à vélo". Vous ne nous croyez pas ? Alors cliquez-là. Il y a aussi l'UFOLEP (Union Française des Œuvres Laïques d’Éducation Physique. Par flemme nous pourrions vous dire que l'UFOLEP est une sorte de fourre-tout du sport. Mais ce ne serait pas très sympa. Alors on reprend les mots sur leur site "Une fédération sportive solidaire et citoyenne. L'UFOLEP propose une double ambition, celle du Sport citoyen et humaniste et celle de l'éducation par le sport". Voilà. Et l'UFOLEP, ont-ils leur programme Savoir rouler à vélo ? Bien entendu Lulu, cliquez là (même si votre surnom est Dédé, vous pouvez cliquer). Nous aurions pu aussi vous parler de l'UNSS, Union Nationale du Sport Scolaire, qui a aussi son programme SRV, comme mentionné là, pour mentionner une 6ème fédé (ou assimilée)).

A la FFtriathlon, la formation SRV commence par savoir courir à côté de son vélo.

Cinq fédérations vélo et combien de club ou Comités ?

Nous vous proposons une pirouette, le mille-feuille administratif très français dans lequel se débat notre petite reine nous empêche de savoir combien de clubs ou comités œuvrent pour le vélo. Il y a 5 fédérations (assurément plus puisqu'on en mentionne déjà 6 dans ce billet), il y a aussi tout un ensemble de clubs et associations au niveau national qui s'occupent du développement du vélo.

Le club des Villes Cyclables et marchables, Vélo et Territoires sont les deux premiers qui nous viennent à l'esprit. Il y a aussi l'Union Sport et Cycle, une sorte de syndicat qui plaide pour la filière sport (et cycle). Nous commentions leur Observatoire du Cycle au printemps dernier. Nous pourrions citer l'APIC aussi ou encore les Boîtes à vélo. Fichtre, il manquait un acteur. Le voilà sous l'acronyme AAVP (on ne vous met pas de lien vers le site, il est en cours de construction).

L'AAVP c'est quoi ?

C'est l'Association des Acteurs du Vélo Public. Le vélo public, c'est le vélo qui est dans l'espace public et qui est à la disposition des populations. En Libre-Service notamment, en LLD parfois (LLD = Location Longue Durée), en station ou en "free floating". L'AAVP, c'est une association qui rassemble aujourd'hui huit acteurs du secteur : Green on, Koboo, PBSC, Fifteen, Inurba, Smovengo, Vélogik et Via ID.

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Que huit ? Oui. Il faut bien des early adopters. Et puis 8, qui annoncent (on n'a pas vérifié) représenter environ 50% de la flotte nationale disponible dans l'espace public des vélos... publics. Il y a de beau noms dans le projet. Il en manque quelques-uns comme Transdev, Keolis ou encore La Poste pour vraiment peser dans le game. Parions qu'ils arriveront, le temps que les services juridiques de ces mastodontes aient terminé de lire les statuts (et demandent de changer l'alinéa 4 de la clause 8).

En général, mes photos sont floues. C'est le cas encore !

Pour répondre à quel besoin cette AAVP ?

L'ambition de l'AAVP est de rassembler l'ensemble des acteurs du secteur pour "objectiver les services du vélo public. Pour aller chercher de nouveaux adeptes et de nouveaux usages" nous déclare Caroline Van Renterghem², la présidente de cette association. Jean-Marc Zulesi³, le dit lui-même : "Pour nous élus politiques, il est très important d'avoir un interlocuteur identifié. Cette association permettra aux différents élus de gagner du temps quand ils se poseront la question du vélo public sur leur territoire"⁴.

Caroline (à gauche) Présidente de l'AAVP. Jean-Marc (à droite) député.

Quelle action pour commencer ?

L'AAVP va commencer par s'occuper de la data (coucou Charlie Winner). Ils vont collecter les chiffres qu'ils ont, les confronter, les contextualiser pour avoir un état des lieux solide sur la "réalité des chiffres". Qui pédale sur un vélo public ? Quand ? A quelle fréquence ? Pour quels usages ? Qu'attendent-ils de ce service ?

De la data en veux-tu ? en voilà.

Ce compte-rendu est prévu pour avril 2023. Ceci, c'est pour la partie visible de l'iceberg. On peut imaginer, pour la partie moins visible, il y aura dès aujourd'hui un travail de plaidoyer, d'influence et d'acculturation, pour expliquer aux élus qu'un service de vélo public, ce n'est pas un coût mais bien une solution (pas chère) de mobilité attendue par les administrés (la population, vous et nous en sommes).

Pourquoi on vous en cause ?

"la présence de vélos publics force le territoire concerné à aménager la voirie"

Parce que selon nous le vélo public est une vraie solution pour une solution de mobilité à vélo dans l'espace... public ! Cela ne vous aura pas échappé, les vélos sont de plus en plus chers. Ils sont de plus en plus volés. Ils sont aussi de moins en moins disponibles. Surtout, de plus en plus difficiles à parquer sur l'espace... public. Difficiles à garer chez soi (et oui de plus en plus technologiques, ils sont de plus en plus lourds et de moins en moins sympas à monter au 3ème étage). Aussi, la présence de vélos publics force le territoire concerné à aménager la voirie (en pistes cyclables par exemple). Ils permettent enfin d'accroitre le nombre de cyclistes sur les voies. Et comme vous le savez en matière de vélo, la sécurité vient par le nombre.

Si la chambre de nos ados pouvait être aussi bien rangée que ces vélos !

Enfin, on vous en cause parce que le vélo public est une super solution de mobilité à vélo. Encore faut-il que les vélos fonctionnent, soient disponibles aux bons endroits. Que le service, ou, on pourrait même dire l'expérience globale de l'utilisateur, soit excellente. Nous voyons donc d'un bon œil cette mise en commun des ressources d'acteurs qui sont potentiellement concurrents (les représentants des entreprises présentes préfèrent me dire qu'elles sont complémentaires. Question de point de vue). Vivement avril 2023, que l'on puisse lire les conclusions de leur enquête.

Notre vœu pieu

"Un jour peut-être, grâce à l'AAVP, une seule carte d'abonnement existera"

Un jour peut-être, grâce à l'AAVP, une seule carte d'abonnement existera et sera valable partout en France, sur tous les vélos, opérés par n'importe qu'elle entreprise, dans n'importe quel territoire. Ce serait comme un rêve qui se réaliserait (et la petite mort du vélo pliant dans le train ? (non, on n'abandonne pas son vélo pliant, c'est comme un animal de compagnie, on le chérit). D'ailleurs le vélo pliant, c'est la presse généraliste qui en parle le mieux (avec l'aide de Weelz! parfois).

1 En 2018 quand la FFCT devient la FFVélo, ou pas. Le billet d'Isabelle Lesens est là. La situation est-elle toujours d'actualité ? Nous vous laissons le soin d'enquêter. Le sujet ne nous passionne pas vraiment.
² Caroline Van Renterghem, dans une autre vie, était la fondatrice de Wair, qui concevait un foulard/masque anti-pollution.
³ Jean-Marc Zulesi est député fraîchement réélu dans la 8ème circonscription des Bouches du Rhône, il est notamment référent mobilité chez Renaissance, il est enfin l'auteur d'un rapport parlementaire (pendant la mandature précédente sur le vélo et la santé)). Envie de lire son rapport, une synthèse est en ligne .
⁴ Les propos sont rapportés de mémoire. Que l'auteur de cette citation nous pardonne si jamais elle n'est pas, absolument, mot pour mot, le contenu de son intervention.

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