24NOV L’économie du vélo en 2010
De plus en plus plébiscitée par la population pour réaliser leurs déplacements pendulaires, la bicyclette n'a pourtant pas de quoi encore se targuer d'occuper la même place que l'automobile ou autre scooter dans les déplacements quotidiens, en France comme dans le reste du monde. Pour autant, l'augmentation de son utilisation depuis quelques années maintenant, semble toujours refuser de fléchir, pour notre plus grand bonheur.
Voici une étude réalisée par le groupe Inddigo Altermodal et l'économiste Nicolas Mercat, sur l'économie du vélo en 2010. Tout un tas de données chiffrées, qui donne un aperçu de la pratique cycliste dans le monde. Loin derrière le Danemark et les Pays-Bas (+ de 1000 km parcouru par an et par habitant), ou encore l'Allemagne, la Suisse ou même la Hongrie (entre 250 et 500 km), la France reste dans le grupetto de l'Europe avec moins de 100 km par habitant.
Paradoxalement, l'étude annonce qu'en 2007, le vélo restait la 1ère activité des Français avec 24 millions de pratiquants. Mais des statistiques plombées par une utilisation qui reste à plus de 90% loisir, tourisme ou sportive. Cependant la pratique utilitaire, celle qui nous intéresse, semble être en constante progression, 15% par an.
Plus de 8000 km de voies cyclables ont été créées ces 10 dernières années et plus de 5000 km sont programmés et étudiés. En tout, ce sont plus de 10 000 km qui ont été inscrits dans des schémas de déplacement départementaux ou régionaux.
Le retour du vélo dans nos villes
Même si il reste encore un long chemin à parcourir, pas de doute que depuis 10 ans, le vélo à redoré son image dans nos centre-villes. En chiffre, cela donne une augmentation assez phénoménale : +50% à Lille entre 1998 et 2006, +300% à Paris entre 1991 et 2001 et jusqu'à 400% à Lyon entre 1995 et 2006 !
L'effet Vélo en libre-service a bien entendu aidé cette mutation des déplacements, mais pas que. On s'aperçoit également que plus une municipalité investie dans ses infrastructures cyclables (pistes, signalisation, stationnement...) et plus le nombre de pratiquants quotidiens augmente.
Le vélo dans le marché mondial
Le marché mondial du vélo s'est stabilisé autour de 3 millions de vélos par an, représentant un poids économique de plus d'1,4 milliards d'Euros. Un marché donc en bonne forme et créateur d'emploi. Curieusement, en terme de consommation vélo, la France arrive 4ème avec 5,7 vélos pour 100 habitants, derrière le Japon, les Pays-Bas et les États-Unis.
Cependant, alors qu'au Danemark, aux Pays -Bas ou même en Suisse, on hésite pas à sortir son porte-monnaie pour l'achat d'un vélo, l'investissement dans un vélo en France reste assez faible, avec un prix moyen de vente autour de 250€. Un marché tiré vers le bas, notamment par les grandes surfaces alimentaires et sportives, une exception française.
Et encore, ce chiffre augmente grâce au prix moyen d'achat d'un vélo de course, qui dépasse les 1000€, contre 200€ pour un vélo de ville. Au pays du Tour, il semble que les Français préfèrent mettre une somme conséquente dans un vélo qui ne roulera que le dimanche et restera au garage le reste de la semaine...
Le vélo en tongs
En France en 2007, plus de 7 millions de séjour de vacances ont eu pour thème le vélo, ce qui ne représente toutefois que 3,5% des séjours globaux. Le vélo reste cependant la 2ème activité la plus pratiquée en France en vacances, derrière la randonnée, et reste un élément important dans le choix du séjour.
À noter que le littoral, notamment aquitain, se partage 57 % du gâteau du tourisme cyclable.
Le vélo, c'est bon pour vous
Est-il encore utile de préciser que le vélo est bon pour la santé ? Cette étude le confirme encore, en se basant sur cette autre étude de l'Organisation Mondiale de la Santé, THE PEP pour Transport Health Environment Pan European Program, réalisé de 2005 à 2008.
Au final, chez les personnes pratiquant environ 3h de vélo par semaine, les chiffres attestent d'une baisse considérable des pathologies cardio-vasculaires, du diabète, de l'ostéoporose et même du cancer du sein, du colon ou encore de la dépression nerveuse. À la clé, c'est une moyenne de 1000 € d'économie réalisée par an, en dépenses de santé !
L'étude confirme également que le risque d'accident à vélo reste à relativiser et qu'il est surtout concentré en agglomération, aux intersections. Et surtout elle confirme aussi que plus la pratique cycliste augmente, plus le risque d'accident diminue.
5 objectifs
En conclusion, l'étude de Nicolas Mercat dresse 5 objectifs à atteindre pour une vraie politique nationale en faveur du vélo :
1 > Atteindre une part modale supérieure à 10%, et donc dépasser la barre des 350 Km/an/habitant.
2 > Rassembler les intervenants de santé autour de l'objectif 30 mn de vélo par jour (en ciblant notamment les femmes et les personnes âgées)
3 > Continuer d'améliorer les infrastructures cyclables, soit 1 m d’aménagements cyclables par français en ville (contre 0.2 actuellement).
4 > Continuer le développement des voies vertes. 95% des français à moins de 5km d’une voie verte.
5 > Devenir n°1 dans le développement du tourisme à vélo.
> Inddigo Altermodal.
> Via Rue89.
Crédits photos : Thomas Cuelho, Bernard Laguerre, Vitelone, C. de Francqueville, L'ImaGiraphe, JL Zimmermann, CJelli.
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Discussion
Je suis tombé un peu par hasard sur ce site de PUMA, PumaVille.com, à la base conçu semble t'il pour la sortie du jeu vidéo True Crime, avec lequel la marque au félin était partenaire (ils ont réalisé une sneaker en série limité pour le jeu).
…
Le vélo (urbain) c'est la santé ! Weelz se fait ici le relais d'un entretien publié précédemment sur le site de la fondation GoodPlanet. Patrice Nogues est le vice-président de la FUB (ex-FUBicy), Fédération des Usagers de la Bicyclette. La FUB, dont vous entendez régulièrement parler dans ces colonnes, a été créée en 1980.

Cette organisation est une vieille dame, née en…
C'est le printemps ! Les oiseaux re-chantent, les arbres re-fleurissent, et désormais il fait (si vous avez des horaires à peu près "normales") jour lorsque vous partez au travail le matin. Seulement voilà , ça n'est pas encore l'été, et les écarts de température entre le matin et l'après-midi sont encore assez grands pour revenir du travail en "tenue légère" alors…













20:55
Les chiffres: « +50% à Lille entre 1998 et 2006, +300% à Paris entre 1991 et 2001 et jusqu’à 400% à Lyon entre 1995 et 2006 ! »… montrent hélas qu’on n’ose plus sortir les nouveaux chiffres, qui stagnent voire baissent! (de manière certaine à Lyon où le Grand Lyon n’ose plus publier les comptages… par contre ils sont très bons pour communiquer).
Car les « néos-cyclistes » s’aperçoivent vite que les pseudo aménagements sur lesquels ils pensaient être en sécurité sont parfois pires que l’absence d’aménagements, que les VLS ne sont pas utilisable de manière fiable au quotidien, et que stationner son vélo en ville est compliqué… pour passer de 3% à 10% il va falloir plus que du « green washing », il va falloir du crédit d’impôts, des aides à l’achat, l’interdiction de vendre des vélos en supermarché qui sont le meilleur moyen pour dégouter quelqu’un du vélo, la suppression des frais réels liés à l’usage d’un véhicule motorisé, encore plus de simplification des Codes de la Route et de la Rue par la généralisation des zones 30 (et donc du DSC), du tourne à droite aux feux en ville, des vrais aménagements utiles, faire sauter une place de parking voiture sur 10 pour mettre des arceaux (y compris en souterrain pour avoir du sécurisé)… la liste est longue, mais tout ce qu’on voit, ce sont des campagnes sur le port du casque et de la répression, qui freinent la pratique du vélo… Aucune chance d’atteindre les 10% sauf avec un vrai changement de mentalité!
A+
22:47
Les vélos de courses à 1000 euros qui ne sortent que le we ou vacances c’est dans le meilleur des cas. Ils suffit de voir ce qu’il y a dans les dépot-ventes. De très bonnes bécannes pour peau de balle.
C’est sur, il n’y a aucune communication / réflexion sur comment acheter son vélo. Si on doit changer un pneu et que cela représente 10% du prix du vélo on se demande si cela vaut le coup. On bricole et on fini par rouler avec des véritables poubelles. On ne prend pas plaisir, on galère et on abandonne le vélo.
Je rajouterai au commentaire précédent: pas assez d’atelier d’entretien-réparation dans les villes.
9:45
Merci pour votre contribution au débat. Des propos ma foi très constructifs.
18:22
Hélas, les exemples ne manquent pas, prospectus dans la boîte aux lettres aujourd’hui: jeu concours de l’assoc des commerçants de quartier (je vis en pleine ville): « 1 voiture et 100 vélos à gagner ».
La voiture, une Twingo, très bien, pourquoi pas.
Les vélos, pas détaillés, mais la photo: le typique bon vieux VTT tout-suspendu à 99 euros…
Qu’est-ce qui les empêcherait de mettre à la place 20 vélos de ville à disons 450 euros, prix plancher pour envisager s’en servir 3 fois par semaine, à la place?? Soit des vélos qui seraient utilisés plus de 3 trajets avant d’aller mourir dans une cave, manivelle tordue ou dérailleur déréglé à vie…
C’est sans fin… et c’est une assoc de commerçants se prétendant de proximité.
Il reste du chemin!!!
@bientôt
M.
8:15
[...] dans les mentalités de chacun, comme a pu nous le montrer par exemple en chiffre cette étude sur l'économie du vélo en 2010. La bagnole a malheureusement encore de beaux jours devant elle, mais ce n'est qu'une question de [...]