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Tests produits

04
NOV
Have You Ever Been to Electric Ladyland ?

Test du iStep Runner de Matra en collaboration avec Buzibi.

Buzibi est un magasin consacré exclusivement aux Vélos à Assistance Electrique, les fameux VAE. Il est situé à Paris dans le 13ème arrondissement près du métro Corvisart.

En acceptant de tester un vélo électrique, je me faisais violence. En effet, cycliste quotidien depuis pas mal d’années et amateur de vélo depuis plus de 20 ans, celui-ci ne s’exerce selon moi qu’à la force du mollet. Le plaisir fondamental du vélo résidant dans cette sensation de liberté et de grandeur, où le corps, seul face à l’effort, explore ses limites sans artifice, sans assistance. Selon moi, l’intérêt du vélo se niche dans ces instants où comme le disait Nizan « le voyageur ne possède plus pour assurer sa vie que la surface du corps, la peau avec ses organes du chaud et du froid, la vue, l’odorat, l’ouïe ».

Autant dire que brancher de l’électricité sur un bicloune, cela ne m’emballait guère !

Et pourtant, me voici donc chez Buzibi, un magasin dévoué à la cause du vélo électrique. Première impression à mon arrivée: en plus d’avoir un joli site web, Buzibi a également une boutique vraiment sympa. Elle regorge de vélos et d’équipements divers. Elle donne sur une place calme et arborée. Cela ressemble à un vrai havre de paix.

A mon arrivée je trouve Fabrice accroupi au chevet d’un vélo qu’il semble bichonner, et Yves qui se dirige droit vers moi. La discussion part sur les chapeaux de roue et il me présente avec passion la gamme de vélos présents dans le magasin. Au bout de 5mn, me voilà au fait des derniers développements dans le monde de l’électrique: profil des acheteurs, budget moyen pour un vélo, modèles en vogue (j’adore le pom-pom) et finalement l’objet de mon déplacement, le iStep Runner de Matra !

Première impression sur la gamme iStep (Runner, City, Force et Cross) : j’aurais dû demander à tester le iStep Cross ! Il est juste magnifique. Evidemment, la batterie choque un peu mon oeil de cycliste conservateur mais je craque devant son allure racée et moderne : cadre en alu brossé, freins à disque hydraulique, fourche suspendue ou rigide au choix, et une autonomie max annoncée de 70km.

Après ces quelques moments d’égarement, je reviens à l’objet de mon déplacement: le iStep Runner. Ma première impression est mitigée ; j’accroche moyennement sur l’allure générale et la couleur du cadre (blanche). Par contre le poste de pilotage me paraît ergonomique. Le contrôleur pour l’assistance électrique est placé sur le côté droit du guidon et se trouve à portée de pouce. Yves m’explique rapidement comment utiliser le contrôleur mais je ne m’attarde pas trop sur les détails techniques car l’objectif de ce test est simple : découvrir les sensations éprouvées sur un vélo à assistance électrique.

Après un réglage de selle je m’élance dans les rues de Paris, objectif Sacré-Coeur avec un retour au magasin d’ici 2h-2h30. Ce trajet exclusivement urbain me fera passer par quelques unes des collines parisiennes: la Butte-aux-Cailles, le Panthéon et le Sacré-Coeur, et par des boulevards à fort trafic automobile : Place d’Italie, Boulevards Saint-Michel, Sébastopol et Magenta, Place de la République et Boulevard Barbès. Vous pouvez consulter mon parcours d’environ 25km sur cette carte.

L’un des inconvénients de la navigation urbaine à vélo est de conserver sa lucidité mentale et sa fraîcheur physique de façon à échapper à tout accident. Avoir pleinement conscience de son environnement à l’instant T tout en anticipant celui qui se présentera à T+1, et entre les deux, mettre suffisamment d’énergie pour s’engager dans le trafic de façon efficace et sécurisante. Bref se déplacer en ville à vélo requiert une mobilisation maximale de toutes vos facultés ainsi qu’une gestion optimale de votre énergie de manière à ne pas vous épuiser. L’épuisement mental ou physique est en effet synonyme de grave danger lorsque vous êtes à vélo en ville, et plus particulièrement à Paris.

Dès la sortie du magasin Buzibi, le Runner me fait regretter ma première impression, sa tête ne me revenait peut-être pas mais il me rend déjà une fière chandelle ! En effet, les côtes de la Butte-aux-Cailles me cueillent à froid, mon palpitant s’emballe, mes cuisses se raidissent, je sors d’une demi-heure de trajet en métro et je ne suis pas suffisamment échauffé pour jouer de la manivelle sur la Butte. Les conseils de Yves me reviennent alors immédiatement en tête, mon pouce trouve le contrôleur d’assistance et le met au max (niveau 4), le soulagement est immédiat, le coup de pédale devient fluide et tous mes muscles se détendent. Je viens enfin de faire connaissance avec mon vélo électrique, le iStep Runner de Matra (VOIR VIDEO, 1:38 mn).

La première dose d’assistance délivrée, je prends pleinement conscience de ce à quoi je dois m’attendre. Je sens que le Runner se comportera comme un bon compagnon. Il ne pédalera pas à ma place, il fera mieux : il m’accompagnera. Il me délivrera son assistance en fonction du niveau (de 1 à 4) que je choisirai sur le contrôleur mais aussi en fonction de la puissance que je mettrai dans mon coup de pédale. (Fiche technique)

Après m’être familiarisé avec l’assistance électrique du Runner, j’identifie mieux la sensation qu’il procure. En fait elle se rapproche de ce que vous ressentez lorsque, à bout de souffle sur votre vélo, un bon compagnon vous met la main dans le dos pour vous pousser. La seule différence est que, dans ce cas, la poussette est fonction de la puissance que votre compagnon met dans son pédalage et non de celle que vous y mettez.

Après avoir avalé les premiers kilomètres de bitume de ma chère ville, je fonce sur le Panthéon, le bon faux plat de la rue du Cardinal Lemoine est avalé sans difficulté, et alors que je passe devant les Grands Hommes, je me prépare à tester le frein moteur dans la rue Soufflot. Yves m’en a touché deux mots chez Buzibi, et j’ai hâte de voir en quoi cela consiste précisément.

Il se trouve que, benoîtement, j’imaginais que seuls des patins pouvaient exercer une fonction de freinage sur un vélo. Grave erreur, le vélo électrique de Matra (mais j’imagine que ce n’est pas le seul) propose une fonction frein moteur qui permet en fait de recharger la batterie. Il vous suffit simplement de jouer avec le contrôleur et de choisir votre niveau de freinage allant de 1 à 4 (VOIR VIDEO, 0:28mn). C’est une fonction très confortable qui vous permet de vous détendre en économisant vos muscles (la circulation en ville nécessite souvent d’avoir les doigts sur les freins) et vos patins de frein ! Seul bémol à cette fonctionnalité, elle n’est utilisable qu’en terrain « ami » où vous n’avez pas besoin d’être sur vos gardes. Car le relâchement qu’elle génère chez le cycliste pourrait lui attirer des ennuis s’il devait réagir rapidement à un obstacle imprévu.

Passée Notre-Dame, je m’engage sur la partie la moins drôle du parcours, la remontée sur Barbès en passant par la République avec un gros morceau, le boulevard Magenta. Le Sébastopol et la République se passent sans aucune entrave, le Runner suscite l’intérêt de quelques cyclistes mais le trafic est tel que j’ai juste le temps de leur indiquer que c’est un vélo électrique. Ces boulevards doivent s’avaler à grande vitesse pour éviter les voitures et échapper le plus rapidement possible à la pollution. Le Runner remplit ces deux objectifs avec une grande facilité mais je me dis que son vrai test l’attend sur Magenta car jusqu’à République on est sur un terrain plat.

Arrive le boulevard Magenta, 2km de faux plat en ligne droite pour remonter jusqu’à Barbès en longeant les gares de l’Est et du Nord,  le mini-Ventoux du cycliste parisien. C’est un enchaînement de carrefours dangereux ; la navigation dans le flot d’automobiles enchevêtrées doit être prompte. La chaussée propose une voie pour les automobiles, une voie pour les bus (à éviter absolument à vélo) et une piste cyclable. Je ne prends pas la piste cyclable car elle est plus dangereuse selon moi que les deux autres, en effet les piétons traversent régulièrement cette piste, et le silence qui accompagne le déplacement du cycliste peut provoquer des accidents très fâcheux, sans parler des multiples ralentissements occasionnés.

Bref, lancé sur la voie pour automobiles, je mets le niveau d’assistance au maximum (niveau 4), me mets en danseuse et remonte les 2km de faux plat plus dérangé par la pollution ambiante que la fatigue physique. Je me dis que la sensation éprouvée grâce à l’assistance électrique se rapproche sûrement de l’effet que peut procurer une bonne dose d’EPO ou d’amphétamines ! Le fantôme de Tom Simpson rôde mais je ne m’effondrerai pas au pied de mon objectif, le Sacré-Coeur se dessine et le boulevard Barbès apparaît. Le Runner est juste impresionnant, j’arrive en haut de Magenta encore frais, le trajet s’est déroulé de façon idéale, et à peine essoufflé, je me prépare à jouer au touriste dans les rues autour du Sacré-Coeur.

La dernière étape de ce trajet se déroule sur les contreforts du Sacré-Coeur, les rues entrelacées proposent des pentes raides avec des rues pavées. Alors que, le nez en l’air, je redécouvre et filme pour la énième fois ces rues à l’abri des hordes de touristes, l’assistance électrique me permet de maintenir un bon 16km/h jusqu’à la Place du Sacré-Coeur (VOIR VIDEO, 0:14mn).

Petite surprise, alors que je suis au 17ème kilomètre de mon parcours, le contrôleur m’indique que ma batterie est vide alors que je ressens toujours les effets de l’assistance.

Arrivé finalement en haut de la Butte Montmartre, le iStep Runner de Matra domine tout Paris.

Conclusion du trajet aller, ce vélo est une bombe pour la circulation urbaine, il vous fournit le peps supplémentaire pour vous extirper de toutes les situations en vous économisant au maximum. Double conséquence: votre circulation à vélo est plus sécurisante car vous gardez de l’énergie pour vous extirper des situations délicates, et vous redécouvrez la beauté de votre ville en levant enfin le nez de votre guidon.

Le retour jusqu’au magasin Buzibi s’est fait sans assistance électrique car le trajet est pépère, 10km de plat ou de descente !

Résultat de ce test, ce vélo me paraît idéal pour un cycliste qui recherche des sensations proches d’un vélo classique. Il ne prendra jamais votre relais dans le pédalage mais vous accompagnera simplement, rendant votre trajet agréable, sécurisant et presque reposant !

Merci à Olivier de Buzibi et Xavier de Weelz pour avoir permis ce test.

Sébastien Levaillant,
jepedale.com, objets pratiques et sympa pour le vélo

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3 commentaires sur “Have You Ever Been to Electric Ladyland ?”

  1. [...] Retrouvez mon article ici. [...]

     
  2. [...] ils en parlent comme de la nouveauté 2009 … euh depuis le 4 novembre dernier, un test est disponible chez weelz.fr ici, vous nous passerez le coup de la nouveauté les gars . Certes la fonction fitness du vélo [...]

     
  3. Tres bon article, pour ceux que cela interesse j’ai mis en ligne les videos de mon istep one sur youtube et dailymotion il sufft de taper istepsur recherche.
    le istep est vraiment genial , c’est vraiment un velo intelligent qui delivre l’aide necessaire au bon moment, et on se retrouve à parcourir des kilometres sans la moindre fatigue et en conservant le plaisir de pedaler.

     
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