J’ai roulé avec un speedbike, et j’étais un hors-la-loi

14 février 2017

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Trois hommes entrent dans un magasin de vélo :

Le premier : "Regarde, un vélo électrique."
Le second : "Non monsieur, ça, c'est un vélo - à assistance - électrique."
Le troisième : "Non messieurs, ça, c'est un vélo à assistance électrique qui n'est pas un vélo."

Vous avez pu découvrir précédemment le test du Lapierre Overvolt Speed. Ce vélo est ce que l'on appelle un speedbike, c'est-à-dire un "vélo" doté d'une assistance électrique dont le moteur est débridé.

"assurance, immatriculation et casque homologué"
Sa puissance est supérieure à un vélo à assistance électrique classique, et, aux yeux de la loi, il ne rentre donc plus dans la catégorie des bicyclettes, mais dans celle des cyclomoteurs (mobylette, scooter et consort).

Cela signifie que vous devez vous conformer à la législation de la dite catégorie, à savoir : assurance, immatriculation et casque homologué. Si le titre de cet article est volontairement provocateur, c'est que si les première conditions ont été respectées (le vélo était assuré et immatriculé directement par le constructeur Lapierre), pour le reste, sur plus de 200 km réalisés avec le Overvolt, disons que nous avons pris quelques libertés avec la loi. Explications...

Un casque homologué porter tu dois

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Comme nous vous le disions, l'utilisateur de speedbike est soumis à l'obligation de porter un casque homologué répondant à la norme actuelle (ECE-R 22.05). Lapierre nous avait donc fourni un casque du fabricant allemand Cratoni. Le modèle Vigor possède un look plutôt réussi, grâce notamment à sa visière fumée qui vous donne un look à la Springfellow Hawke (seuls les anciens savent).

"je portais à nouveau un casque de vélo classique"
Mais passé l'euphorie de ressembler à une star déchue des années 80, l'hélicoptère en moins, force est de constater que porter un tel casque ne nous a pas emballé.

Si on reconnait l'effort du fabricant de proposer un casque plus léger qu'un casque de moto classique, il reste néanmoins relativement lourd si on le compare à nos casques de vélo. Il est donc par conséquent moins agréable à porter, mais également moins pratique à transporter, car plus volumineux.

Résultat : lors de mes différents trajets avec ce speedbike, je portais à nouveau un casque de vélo classique. Inconscient me direz-vous ? Peut-être... cela dit mon expérience du vélo depuis plus de 30 ans maintenant m'a bien souvent fait dépasser les 40 km/h (sans l'aide d'un moteur), et personne ne m'a jamais dit que je devais porter un casque adapté pour de telles vitesses.

Et si le speedbike peut vous faire aller jusqu'à 45 km/h, c'est une vitesse de pointe. Les moyennes réalisées sont, certes supérieures à celle d'un cycliste urbain "normal", mais elles sont loin d'égaler celles que font nos amis cyclomotoristes, qui ont, eux aussi, l'obligation de porter un tel casque, mais surtout qui, eux, n'ont simplement qu'à tourner une poignée pour atteindre 45 km/h et bien au-delà.

Les pistes cyclables ne pas emprunter tu dois

"Aucun intérêt d'acheter un vélo ... si on ne peux pas rouler sur les pistes cyclables"

Si l'immatriculation, l'assurance, le casque homologué, sont déjà des choses suffisamment contraignantes pour l'utilisateur final, je dirais que le pire de tout est l'interdiction des speedbikes sur le réseau cyclable.

Combien de fois cela m'est arrivé d'avoir limite de la peine pour ces pauvres conducteurs de scooter ou moto, obligés d'attendre docilement derrière les voitures lorsque le trafic est dense et qu'ils n'ont pas moyen de passer à travers. Tandis que vous, vous passez à bonne allure sur votre réseau dédié (certes quand il existe).

"j'ai tenté au départ de me conformer à la loi"
Aucun intérêt d'acheter un vélo, quand bien même électrique et puissant, si en tant que cycliste on ne peux pas rouler sur les pistes cyclables. Sur tous les trajets réalisés, dont plus de 70% passé aux heures de pointes, il était tout simplement inconcevable pour moi de rester sagement derrière les voitures.

J'ai donc, coiffé de mon casque de vélo "non homologué", roulé dès que je le pouvais sur les pistes cyclables, assis sur mon "vélo" qui n'en est pas vraiment un... (tout en adaptant mon allure avec mes congénères cyclistes).

Pour l'anecdote, j'ai tenté au départ de me conformer à la loi, et donc de rouler sur la portion de rue destinée aux usagers motorisés, même lorsqu'il y avait une piste cyclable juste à coté. Problème, les 45 km/h promis ne sont encore une fois qu'une vitesse de pointe, atteint sur le mode Turbo et en pédalant à bon rythme (je rappelle que c'est une assistance électrique qui fonctionne sur un capteur de vitesse mais aussi de couple et qu'il faut donc pédaler pour la solliciter).

La plupart du temps, j'adoptais une allure tranquille (pour aussi économiser de la batterie) avec des moyennes entre 25 et 35 km/h. Résultat : sur des portions limitées à 50 km/h pour les voitures, les automobilistes ne comprennent tout simplement pas pourquoi vous êtes juché sur un "vélo" (oui, même avec la plaque, l'automobiliste ne fait pas la différence avec un speedbike) mais que vous ne vous décaler pas sur la piste cyclable. Je me suis même fait plusieurs fois klaxonner !

Un marché mort-né ?

"Je souhaitais simplement souligner toutes les contraintes que représente l'achat d'un speedbike"
Le vélo à assistance électrique rapide n'est assurément pas à mettre entre toutes les mains. Le vélo est lourd et puissant, et même s'il n'atteint pas les vitesses d'un cyclomoteur, il nécessite clairement une expérience préalable de cycliste urbain.

Le novice risque de manquer de réflexes pour parer aux nombreux dangers que représente la pratique du vélo urbain. Ce qui sera moins le cas sur un vélo normal qui induit des moyennes de vitesse moindres.

Bien sûr, malgré ce que vous avez lu plus haut, je n'encourage absolument pas le fait de transgresser la loi. Je souhaitais simplement souligner toutes les contraintes que représente l'achat d'un speedbike. Et j'émet beaucoup de doute à ce que ce marché perce véritablement un jour.

D'autant que j'ai pu, sur la même période de test du speedbike, réaliser des trajets similaires avec un VAE classique (donc limité à 25 km/h), et je me suis aperçu que le différentiel de temps réalisé n'était clairement pas gigantesque. La différence étaient plus notable sur des trajets longs, supérieurs à 12 km, mais on sort du cadre du vélo en ville sur de telles distances.

Je suis cycliste

"Sur un speedbike, je me suis toujours senti cycliste"
Bref, si rien ne change point de vue législation, ce marché est mort dans l’œuf. Pour autant je ne souhaite pas plus que cela un texte donnant plus de droit à ce type de vélo. Plus on est permissif et moins les personnes se tourneront naturellement vers le vélo classique.

C'est un fait que note Frédéric Héran dans son livre "Le retour de la bicyclette", lorsque la France à raté le tournant vélo dans les années 70 en privilégiant les transports motorisés (voitures mais aussi mobylettes et cyclomoteurs de l'époque) avec des textes très libéraux.

"Le vélo (normal) reste pour moi l'outil le plus efficace pour le déplacement urbain"
Cela étant dit, sur un scooter, on est comme un automobiliste, enfermé sous un casque épais sur un engin puissant. Sur un speedbike, je me suis clairement toujours senti cycliste. Certes sur un vélo plus puissant que la normale, mais conscient de ma fragilité relative face aux usagers motorisés.

Quelle est la solution ? Je ne prétends pas l'avoir. La nécessité serait peut-être de créer une 3ème catégorie, entre vélo normal et cyclomoteur. Mais as-t-on réellement besoin de cela ?

Le vélo à assistance électrique classique répond déjà parfaitement à une tranche de la population, qui, soit n'est plus suffisamment alerte physiquement pour rouler sur un vélo normal, soit est soucieuse d'arriver dans un état correct à son travail. Elle n'a, je pense, pas besoin d'un vélo plus puissant que ce qui existe en VAE actuellement.

Quand au vélo "normal" - vous savez, celui avec un cadre, deux roues, un guidon, des pédales et pas d'autre moteur que celui de votre cœur et de vos jambes - il reste pour moi l'outil le plus efficace pour le déplacement urbain,  d'un point de vue autant environnemental, économique que sanitaire.

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  • William Saurin

    Vous n'avez cas mettre une motorisation de 3-4kW.

    Là au moins, vous pourrez dépassez aisément les 45km/h... En toute légalité.

  • William Saurin

    Et avec l'homologation ''mobylette'', vous pouvez mettre un accélérateur de poignée, interdit à la base pour les VAE.
    Faut pas se gêner pour en mettre un dans votre cas.