Paris, une Journée sans ma Voiture (ou pas)

2 octobre 2017

Comme disait ce bon vieux général "Paris martyrisé mais Paris libéré". Libéré de ses voitures pour une seule journée dans l'année. "Rendre l'espace public moins pollué, plus agréable et plus apaisé" était l'objectif de cette troisième Journée sans Voiture lancée par la maire de Paris Anne Hidalgo et son équipe municipale.

Pour cela, Paris avait décidé de simplifier la carte de circulation en fermant purement et simplement la ville tout entière aux voiture et deux roues motorisés, de 11h à 18h, périphérique excepté.

Météo maussade

Bon, autant être franc, il n'y a pas eu véritablement d'effet masse critique avec des groupes de cyclistes partout. La faute à une météo maussade, notamment le matin, jusqu'en début d'après-midi. Les cyclistes occasionnels ou simplement curieux ne se sont pas risqués à mettre une roue dehors. Quand aux cyclistes quotidiens, ils avaient probablement autre chose à faire que de répéter ce qu'ils vivent tous les jours (les militants, eux, avaient bien sûr répondu présent¹).

Car si certains endroits de Paris étaient soudainement devenu très calmes, pour d'autres, on se serait cru dans Paris comme à son habitude : bruyante de voitures et de scooters, laissant peu de de place aux piétons et vélos…

"Je croyais que Paris était interdite aux voitures ce jour-là ?" me direz-vous… Oui, sauf que les taxis étaient, eux, autorisés à circuler. Et ils s'en sont donné à cœur joie, dans une ville que l'on aurait cru libérée juste pour eux (vitesse excessive, dépassement dangereux de cycliste, refus de priorité et j'en passe).

https://twitter.com/AudreyPulvar/status/914531931039125504

Il fallait donc compter sur ce sympathique énergumène qu'est le taxi parisien, mais pas que…

En parcourant une vingtaine de kilomètres cet après-midi là, nombreux étaient les voitures et deux roues motorisés particuliers, présent sur la chaussée, soit par ignorance (on peut clairement en douter) soit juste parce qu'ils n'en avaient rien à carrer #MaVoitureMaLiberté, le tout sous l’œil parfois complaisant de véhicules de Police.

Certes, comme dit plus haut, ce n'était pas la foule des grands jours côté vélo. Quelques cyclistes solitaires, des couples en balade et quelques familles croisées ci et là, mais pas une ambiance ultra-festive non plus.

À l'ouest, seule la partie des Champs réservée aux piétons, comme tous les 1er dimanche de chaque mois désormais, était noire de marcheurs.

Bilan mitigé

Pour une seule journée dans l'année, les automobilistes ou scootards parisiens étaient invités à utiliser un autre mode de transport. Pas deux jours, ni trois. Non. Une seule journée parmi 364 autres jours. Cela ne les a pas empêché d'invectiver la mairie parisienne à grands coups de "C'est sympa vot' journée mais moi je bosse" ou encore "j'ai pas le choix de prendre ma voiture, moi". Sans oublier le traditionnel "Journée pour les bobos" #PointBobo.

La culture de la toute-puissante bagnole et sa sacro-sainte liberté à pouvoir l'utiliser en tout temps et en tous lieux sont encore trop prégnantes en France pour espérer un changement de comportement en un claquement de doigt.

Pour autant, il est vrai que - et cela va vous faire bizarre de l'entendre de la bouche de Weelz.fr - il n'y a pas que le vélo dans la vie. Oui. L'idée de cette journée est d'inciter les habitants à envisager d'autres modes de déplacement. Et pour cela, les gens ont besoin d'alternatives viables à la voiture individuelle.

Un réseau cyclable cohérent et sécurisant est une partie très importante de la solution. Mais, ce jour-là, la gratuité totale des transports aurait sûrement été une bonne idée et un signal fort (même si cela aurait probablement engendré une rapide saturation du réseau). Pourquoi ne pas avoir également proposé des services de navettes pour se déplacer d'un bout à l'autre de la ville, plutôt que de laisser les taxis envahir la ville ? Un service de transport public efficace doit aussi être mis en place pour espérer un abandon de la voiture particulière, non seulement pour les habitants intra-muros, mais également pour la banlieue.

Bref, le bilan n'est pas que négatif. J'ai eu plaisir à parcourir certains endroits de la capitale silencieux et apaisés et je ne suis certainement pas le seul. Un coucou à la twittos Lili que j'ai croisé avec ses amis en plein milieu de la Concorde totalement vide de voiture.

J'ai souri lorsque j'ai vu une petite choupette et son vélo rose remontant tranquillement Les Champs avec son papa. Une scène difficilement imaginable un autre jour.

Quand à la diminution du bruit et surtout de la pollution, le bilan est évidemment positif. La Mairie de Paris donnait hier soir déjà quelques chiffres : baisse du bruit de -32% quai Anatole France (-1,6dB), -38% quais de l'Hôtel de Ville et des Célestins (-1,9dB). Pour les particules fines, jusqu'à -25% de pollution, notamment sur les grands axes.

Bien évidemment, les détracteurs diront que la pollution a été contrebalancée sur le périphérique, qui visiblement était saturé ce dimanche. On en vient encore  se poser la question de ceux qui était dans "l'absolue nécessité" de prendre leur voiture ce jour-là... Ou n'était-ce qu'une question à nouveau de confort... ?

Ce type de journée doit perdurer. N'en déplaise aux rageux derrière leur volant, elle reste un signal fort et un événement marquant pour un changement vers une mobilité plus durable. Le modèle du tout-voiture a fait son temps, il doit cesser rapidement car il n'est tout simplement plus acceptable en l'état. La révolution vers les modes de transports actifs est en marche, c'est inéluctable. Comme disait ce cher Darwin, ce sont ceux qui refusent d'évoluer qui disparaissent en premier.

¹ Même si visiblement ils dormaient tous en début d'après-midi...

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