Paris et sa banlieue, où est le vélo ?

5 octobre 2016
| par Paul Lefort

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Avec ses 2,2 millions d'habitants et sa superficie de 105 kilomètres carrés, Paris a une densité de 21.300 habitants au kilomètre carré. C'est un chiffre favorable au vélo, d'autant que la densité du bâti est, elle aussi, élevée.

"5 kilomètres. C'est la distance optimale pour un déplacement à vélo"
Comme le précise Guillaume Lacroix, représentant de l'association Paris en Selle, la distance moyenne d'un déplacement à Paris est de 5 kilomètres. C'est exactement la distance optimale pour un déplacement à vélo.

D'ailleurs, Christophe Najdovski, le maire adjoint aux transports l'affirme « la densité et la topographie de Paris permettent d'effectuer une grande partie des trajets à vélo ».

Mais avec 2% des transports qui se font à vélo (ou 5% selon certains élus), Paris est encore loin de ses voisines européennes. A titre d'exemple, Berlin a aujourd'hui 13% de part modale du vélo. En revanche, seulement 17% des trajets intra-muros se font avec des véhicules motorisés, ce qui laisse une grande part aux transports en commun et à la marche.

Il faut noter que l'engagement de la maire Anne Hidalgo en faveur de la réduction de la pollution est très favorable au vélo. Elle a d'ailleurs pour objectif de faire passer la part modale du vélo de 5% (selon les élus) à 15% pendant son mandat.

Cette augmentation de 200% en 6 ans en laisse plus d'un sceptique. Mais la mairie a su mettre en place un plan vélo à la hauteur de ses ambitions : un investissement de 150 millions pour des aménagements cyclables, c'est du jamais vu en France.

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Cette infographie parle d'elle-même : le plan est ambitieux et devrait considérablement augmenter le nombre de kilomètres cyclables dans la ville. Si on rapporte ce chiffre à la masse budgétaire d'investissement estimée pour les 6 années, le seul plan vélo représente 1,25% des investissements du mandat, ce qui n'est pas négligeable.

C'est 150 millions d'euros seront repartie sur 5 ans de 2015 à 2020, avec 30 millions d'euros par an, le budget vélo de la ville de Paris excède celui d'Amsterdam (20 millions par an).

Le but est de faire passer la longueur cumulée des pistes cyclables de 700km à 1400km. Ceci est accompagné d'une généralisation des zones 30 à l'ensemble de la ville puisqu'il est projeté de n'avoir que 10% de la voierie (les grands axes) limités à 50km/h.

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La généralisation des cédez les passages cyclistes autorisant les cyclistes à aller tout droit, à gauche ou à droite aux feux rouges est aussi à prévoir. La mairie veut aussi collaborer avec la préfecture de police pour renforcer la verbalisation des véhicules motorisés qui obstruent les pistes cyclables et les sas vélo.

Certes Velib a été un succès, le contrat se termine en 2017 et la mairie réfléchit déjà un nouvel appel d'offre. Il semblerait que le Velib 2 inclut de la location de vélo électrique en longue durée et qu'il s'étende à certaines villes de la banlieue proche (comme c'est déjà le cas de Montreuil).

Mais il n'est plus question de limiter le développement du vélo au Velib, la mairie a prévu de créer 10.000 places de stationnement sécurisé dans des vélo stations. En plus, des consignes à vélo comme les « Véligo » aux abords des gares seront installées ailleurs dans la ville.

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La ville a dans son optique les J.O de 2024, événement pour lequel elle veut devenir une véritable capitale du vélo. D'ailleurs Pierre Rabadan, quintuple champion de France de rugby et conseiller de Anne Hidalgo aux affaires sportive, voit le vélo urbain comme un moyen de développer la pratique sportive des parisiens.

Un des points qui suscite le plus d'intérêts chez les cyclistes parisiens est le réseau express vélo (en rouge sur la carte ci-dessous). Dans sa communication, la mairie de Paris n'hésite pas à le présenter comme une véritable autoroute structurante du vélo traversant la ville du Nord au Sud et d'est en ouest.

La Grande Boucle Urbaine - paris (1)

Mais quand on demande à Anne-Laure Sabatier, du cabinet de l'adjoint au transport ce qu'il en est, on est très vite déçu. « Une autoroute du vélo ?! Non quand même pas, c'est farfelu comme idée, vous ne trouvez pas ? »

Tout est dans sa réponse : un axe réservé aux vélos qui traverse la capitale (comme projeté à Berlin), ce n'est pas pour aujourd'hui. Il s'agit simplement de relier des axes cyclables déjà existant en utilisant des couloirs de bus et ajoutant des bandes cyclables le long des routes quand c'est nécessaire. On est assez loin de ce qui est présenté et de ce à quoi s'attend la population.

Un avantage de ce réseau express est qu'il permettra de relier le centre-ville parisien aux banlieues proches (Saint-Ouen, Boulogne…). Il faut dire que si le vélo est bien présent dans le centre de la capitale, il l'est beaucoup moins dans sa banlieue proche.

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Ce graphique illustre le poids du Velib à Paris : des milliers de vélibs utilisés chaque heure. Les courbes nous montre que les déplacements à Velib sont très liés aux horaires de travail. Malheureusement, les statistiques ne nous permettent pas de savoir s'il est combiné à d'autres moyens de transport (voiture ou transport en commun).

"le vélo est moins présent en banlieue"
En effet, la majorité des foyers d'habitation est située en banlieue et le Velib n'est présent qu'en intra-muros et lors de mes micro-trottoirs, j'ai rencontré beaucoup de personnes qui utilisaient les RER ou train de banlieue pour arrive à Paris puis le Velib pour aller au travail. En ce sens, l'intermodalité est assurée. Mais le vélo est moins présent en banlieue, d'autant qu'on ne peut pas amener son vélo dans le RER.

Dans le cadre des projets participatifs gérés par la ville de Paris, le vélo est arrivé en tête des votes. Les habitants ont pu faire remonter leurs propositions notamment sur le passage des portes de paris à vélo, le but est de faire continuer les axes au-delà de la frontière de la ville pour assurer une connexion avec la banlieue proche.

weelz-velo-cycliste-urbain-paris-23Mais pour assurer une continuité du réseau cyclable voir des stations Vélib, il est nécessaire que la mairie de la ville en banlieue se saisissent de la question, ce qui n'est pas toujours le cas. Même si on observe des cas très encourageant comme à la mairie de Montreuil.

Guillaume Lacroix, de l'association Paris en selle, observe aussi une divergence de perception du vélo entre la ville et la banlieue.

L'utilisateur type du vélo à paris est un homme jeune, d'une catégorie socio-professionnelle supérieure qui utilise le vélo pour se déplacer de son domicile à son travail. Extra-muros, le cliché du vélo bobo est très prégnant et c'est un frein au développement de la bicyclette.

D'ailleurs, un des acteurs qui a la compétence pour impulser les connexions cyclables extra-muros est la région Île-de-France. Mais on ne peux pas dire que Valéry Pecresse mène une politique favorable au vélo, elle favorise plutôt la circulation automobile, notamment quand elle re-élargi les principaux axes routiers permettant d'entrer dans Paris.

En revanche, il y a des raisons d'être optimiste, comme avec la présence de J. Baudrier élu au STIF (service de transport d'Île-de-France) et plutôt favorable au vélo.

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  • Isabelle Lesens

    Vous ne corrigez jamais les fautes d'orthographe ???

  • Jacques

    Il est certain que si on laisse la décision à chaque commune, on n'est pas près d'avoir nos "super routes cyclistes" reliant la petite et grande couronne au centre de Paris !!!
    C'est comme si les autoroutes ou encore les lignes ferrées dépendaient du bon vouloir des départements ou communes traversées !!!
    Mais si les élus et décisionnaires de ce pays étaient plus attachés au bien commun qu'à leur pouvoir, cela se saurait et surtout cela se verrait...
    Une seule solution pour l'instant : rouler, militer, convaincre, nous montrer le plus nombreux possible, le plus souvent possible...