MAIF : Deux mois sans ma voiture, l’heure du bilan

8 février 2016
| par Grégory

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50 familles (32 bordelaises et 18 niortaises) ont participé à une expérience inédite, initiée par la MAIF et Koolicar, avec le soutien de l'ADEME : "2 mois sans ma voiture".

Elles ont été privées de leur voiture pendant deux mois, entre le 3 octobre et le 5 décembre dernier. Objectif : apprendre à se déplacer autrement.

Un défi qui semblait difficile à relever pour ces "cobayes", habitués du volant. Pourtant, le bilan est positif. Pire : certains semblent même y avoir pris goût !

Changer ses habitudes

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Voiture immobilisée, clés confisquées... Voilà comment tout à commencer pour les 50 volontaires de l’opération « 2 mois sans ma voiture » (Hashtag #SansMaVoiture).

Une expérience grandeur nature, pour les obliger à utiliser des solutions de mobilités alternatives. Mais attention, les volontaires n’ont pas été lâchés comme ça dans la nature !

Dans le cadre de cette expérience, ils se sont vus accorder des facilités pour utiliser des solutions de rechange : crédits à la consommation pour l'autopartage, accès gratuit aux transports en commun des agglomérations, et avantages promotionnels pour la location de vélos.

En toile de fond, il s’agit évidemment de lutter contre le réchauffement climatique, la pollution de l'air en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, de CO2 et les particules fines.

Un objectif écologique donc, mais le but de l’opération n’était pas de viser des militants « verts » convaincus.

Au contraire, « Nous sommes allés chercher Monsieur et Madame tout le Monde, tentés par l'expérience » précise Frédérique Lorentz, responsable du développement chez Koolicar.

Vivre en ville sans voiture, c’est possible

CVNcfZ0WwAAHMSvEt l’expérience semble réussie.

Tous les participants ont joué le jeu à fond, en adaptant leurs habitudes et leur mode de vie au quotidien pour faire sans leur véhicule, tout en testant les autres offres de mobilités qui s’offraient à eux.

Selon les organisateurs de l’opération, « il aura fallu tout de même une bonne semaine à tous les participants pour trouvé leur marque » dans leurs déplacements quotidiens.

"Je ne comprends même pas pourquoi je n’ai pas fait ça plus tôt !"

« Ma voiture ne m’a manqué à aucun moment » note une participante, pour qui la clé de la réussite est évidemment une bonne organisation.

C’est un « sentiment de liberté » ajoute un autre, ravi d’avoir évité les embouteillages pendant 2 mois ainsi que les problèmes de stationnements.

De son côté, une bordelaise affirme désormais se déplacer uniquement à vélo : « Je ne comprends même pas pourquoi je n’ai pas fait ça plus tôt ! » ajoute-t-elle.

Les économies financières ne sont également pas non plus anodines dans la satisfaction affichée de certains volontaires « Nous commençons à penser que c’est stupide de dépenser de l’argent pour avoir une voiture personnelle ».

Des difficultés rencontrées

CRRcOb6WUAAeKNtMais il est à noter inévitablement quelques bémols.

Les participants ont dû faire face à plusieurs problématiques : les déplacements imprévus ou occasionnels, les horaires de travail décalés avec l’absence de transports en commun.

Illustration avec une participante :

« Personnellement, c’est surtout lorsque je rentrais très tard avec les derniers trains que le besoin de ma voiture se faisait le plus ressentir. Plus de bus, plus de tram… C’était parfois compliqué ».

L’autopartage a également été un frein pour certains volontaires, jugé trop compliqué dans l’utilisation.

Pour ces participants moins convaincus, plusieurs points sont à améliorer : des transports collectifs plus fréquents, plus de pistes cyclables et plus de voitures en autopartage, disponibles immédiatement tout près de chez soi.

Pari gagné !

Malgré ces réserves, cette expérience a eu le mérite de faire évoluer les mentalités et souvent même du tout-au-tout.

A la question : êtes-vous prêt à vous séparer définitivement de votre voiture ?  24% des participants ont décidé de la vendre dans l’immédiat, 20,7% projettent de la vendre dans les semaines à venir. 44% se donnent encore du temps pour réfléchir.

Conclusion : plus de 8 participants sur 10 envisagent de revendre son véhicule à plus ou moins long terme.

A l’heure du bilan, seulement 2 participants ont abandonné, pour des raisons professionnelles.

Au vu de ces chiffres, certaines municipalités ont les yeux qui brillent. Qu'elles se rassurent, cette expérience devrait être reconduite dés l'année prochaine, avec de nouveaux volontaires. Et d’autres collectivités que Bordeaux et Niort se disent d’ores et déjà intéressées...

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  • Winfried

    De fait, quand on voit l'état pathétique des infrastructures cyclables en France, il faut vraiment en vouloir. Un simple week-end aux Pays-bas suffit à mesurer le gouffre qui nous sépare de ce qui se fait de mieux au monde.

    > En toile de fond, il s’agit évidemment de lutter contre le réchauffement climatique, la pollution de l'air en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, de CO2 et les particules fines.

    Rien sur la facture énergétique? Pour info, avant le grand plongeon du prix du baril il y a quelques mois, les importations de pétrole coûtaient à la France 50 milliards d'euro (et 20 pour le gaz). Incidemment, les importations d'hydrocarbures expliquent quasiment 100% de notre déficit de la balance commerciale.

    Avec 70 milliards d'euro _chaque année_, on peut s'en payer des trains, des profs, des crèches, des hôpitaux, des infirmières, etc. Et, cherry on the pie, on évite de financer Daech.

  • Winfried

    De fait, quand on voit l'état pathétique des infrastructures cyclables en France, il faut vraiment en vouloir. Un simple week-end aux Pays-bas suffit à mesurer le gouffre qui nous sépare de ce qui se fait de mieux au monde.

    > En toile de fond, il s’agit évidemment de lutter contre le réchauffement climatique, la pollution de l'air en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, de CO2 et les particules fines.

    Rien sur la facture énergétique? Pour info, avant le grand plongeon du prix du baril il y a quelques mois, les importations de pétrole coûtaient à la France 50 milliards d'euro (et 20 pour le gaz). Incidemment, les importations d'hydrocarbures expliquent quasiment 100% de notre déficit de la balance commerciale.

    Avec 70 milliards d'euro _chaque année_, on peut s'en payer des trains, des profs, des crèches, des hôpitaux, des infirmières, etc. Et, cherry on the pie, on évite de financer Daech.

  • Pingback: Episode 16 – Les Dangers de la non-assistance de l’IKV | Cyclocast()

  • zouc

    +1 Winfried ; I like your "philosophie".