Congrès FUB 2017 : le vélo façonne et fascine la ville

28 avril 2017

Comme vous avez pu le constater si vous suiviez notre fil Twitter (si ce n'est pas le cas merci de réparer immédiatement cette erreur), nous étions aujourd'hui à Nantes pour le 17ème congrès de la FUB, la Fédération des Usagers de la Bicyclette.

Plus précisément, il s'agissait de la journée d'étude technique (lire notre article sur celle de l'année dernière à La Rochelle), qui marque le début de ce congrès, et dont le sujet retenu cette année était : "Le vélo façonne et fascine les villes".

Présent lors de la plénière d'ouverture, Johanna Roland, maire de Nantes et présidente de Nantes Métropole, Laurent Fraisse, socio-économiste, Philippe Grosvalet, président du département de Loire-Atlantique, Emmanuel Barbe, délégué à la sécurité routière et Olivier Schneider, président de la FUB.

Renverser le paradigme

On débute en parlant de culture vélo dans la ville d'accueil, Nantes. Il est évoqué une part modale du vélo d'environ 6%. Johanna Roland mentionne la problématique de comment accompagner le changement de mobilité et enlever les freins, liés notamment aux problèmes de sécurité.

"On pousse le vélo car on fait le pari de la transition écologique"
 Elle nous parle de trois dimensions d'amélioration : 1 - Rassurer sur la sécurité (ceux qui voudraient se déplacer à vélo), 2 - Améliorer les infrastructures cyclables (investissement financier) et 3 - Pousser l'éducation vélo (auprès notamment des plus jeunes). Pour elle, le vélo est un vecteur de transition écologique.

Olivier Schneider rebondit sur le troisième point en précisant l'énorme manque d'activité chez les plus jeunes. Le but d'une éducation orientée vélo dès l'école est de faire en sorte qu'ils continuent d'utiliser le vélo pour se déplacer au collège puis au lycée. Est évoqué évidemment l'énorme bénéfice santé de la bicyclette, dont il sera question lors d'un atelier très intéressant l'après-midi.

Co-construction avec les usagers

Lors de cette plénière, il a été beaucoup question de co-construction, un terme utilisé par le socio-économiste Laurent Fraisse. L'idée est que la mise en place d'une politique vélo n'est pas que l'affaire des élus et des pouvoirs publics, mais bien de l'ensemble des acteurs, y compris les usagers eux-même mais également les associations d'usagers.

"la culture vélo dans les politiques publiques vient majoritairement des actions et savoirs associatifs"

Mais il insiste aussi sur le fait qu'il faut également une vision vélo du coté de la collectivité territoriale. C'est là qu'est important la légitimité des associations d'usagers comme la FUB, qui joue le rôle d'intermédiaire entre les élus et les usagers. Le but est d'obtenir, sur les propres termes du socio-économiste, une "vision stratégique partagée", c'est-à-dire un référentiel commun qui met en action usagers, associations, collectivités et également opérateurs privés.

Le vélo est plus dangereux que les autres modes de transport

Ce n'est bien évidemment pas mes mots, mais ceux du haut-fonctionnaire Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la Sécurité Routière. Une phrase qui a bien sûr provoqué un tollé et une vague de hué dans l'assemblée.

Pour se défendre, il avance avoir une démarche holistique et souligne que la législation est souvent une histoire de compromis. Parfois, certaines propositions sont difficiles à faire passer car jugées contre-intuitives auprès des usagers non-cyclistes, notamment le contre-sens cyclable.

Le fonctionnaire, qui précise ne pas être, je cite, un "abruti corrompu" indique que son rôle est de faire progresser l'acceptation de la sécurité. Sur la question du port du casque pour les moins de 12 ans, pour lui, les enfants ont une vertu pédagogique ascendante, ils continueront peut-être de le porter par la suite.

Toujours à propos du casque, quand un membre de l'assemblée évoque le problème du lobbying des industriels, il répond que ces groupes de "porteur d’intérêt" font aussi améliorer les technologies point de vue matériel (il prend en exemple le casque pliable). Vous avez dit langue de bois ?

Un héritage de la culture automobile

"On subi en permanence des pressions pour grossir les infrastructures routières"

Cet héritage est un point évoqué par le président du département Loire-Atlantique Philippe Grosvalet, qui indique que 90% des déplacements sur le département se fait en voiture. "Nous sommes aussi responsable de la situation".

Il pose la question de pourquoi les routes sont mieux entretenues que les pistes cyclables. La réponse vient principalement dans la prise en compte plutôt faible du vélo par l'ensemble des usagers, tout transport confondu.

La difficulté de son coté est de ne pas céder à la demande sociale, qui consiste la plupart du temps à donner toujours plus de place à la voiture.

Après un déjeuner copieux, nous continuerons l'après-midi par un atelier très intéressant sur le rapport entre santé et vélo, avec un collège d'experts, notamment l'éminent Professeur Jean-François Toussaint, qui encensera le vélo à assistance électrique comme un excellent outil pour reprendre gout  du vélo.

Ces experts souligneront surtout un fait inquiétants, la baisse drastique d'activité physique chez les plus jeunes. Une baisse dû en grande partie au fait que leurs déplacements se fait depuis trop longtemps de manière motorisées. Une baisse que le vélo peut, bien évidemment grandement, ralentir !

Nous terminerons cette journée par une visite technique dans Nantes, afin de vérifier dans les faits l'évolution du vélo urbain et des infrastructures cyclables dans la cité des Ducs de Bretagne. Vu les pistes sur lesquelles nous avons roulé et le nombre de cyclistes croisés à cette heure-ci, il semble que le travail de Place au vélo Nantes ne soit pas vain !

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  • Freyr Gunnar

    Emmanuel Barbe est juste incompétent. Il ferait bien de lâcher son 650 Burgman et rouler à vélo de temps en temps.

  • B.

    Présent également au Congrès, les propos d'E. Barbe sont tout de même un poil simplifié à travers ces lignes...Certes son argumentaire s'est un peu englué sur la dangerosité du vélo (peut-être à mettre sur le compte de l'émotion ?) mais son propos n'était pas farouche au point de vouloir interdire des vélos dans les rues ou alors avec des cyclistes ultra protégés. L'un des points importants qu'il a soulevé est l'idée du "compromis" (repris par la suite sous le terme de co-production par L. Fraisse), notamment sur le casque où deux formes de lobby s'affrontent (les ultras-vélos et les ultras pas-vélos). A part une ou deux voix fortes...j'ai pas eu le sentiment que la majorité des participants dans l'amphi était contre le port du casque obligatoire jusqu'à 12 ans, notamment sur son intérêt pédagogique. De même pour la question sur les lobby. Sa réponse a été claire et j'en suis assez convaincu : il n'y a aucun sens à ce que l'Etat ait été voir les fabricants de casques avant d'écrire la loi. Et puis si on joue avec la question du consumérisme chez les cyclistes...on va pas sortir vainqueur.
    Dernière précision : M. Barbe a quand même été bien applaudi à la fin de son intervention. Bref, autant se chercher des ennemis ailleurs que dans cette salle il me semble. Un peu d'objectivité et d'écoute (et oui, on ne peut peut-être pas twitter et être attentif aux propos des gens qui sont en face de nous...) peuvent aussi faire avancer la cause vélo. Certains articles, un peu moins...A mon sens, c'est aussi cela la co-production.

  • Lyon à Vélo

    Marrant ce commentaire, on t'as reconnu Emmanuel !

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